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Taxe sur les boissons sucrées et assimilées: prévention ou impôt facile ?

16 octobre 2015
taxe sucre

16 octobre 2015

La taxe sur les boissons sucrées attendue depuis longtemps dans notre pays va devenir réalité. Mais pas mal de voix s’élèvent et s’interrogent sur son utilité. Selon nous, pareil impôt ne peut rester isolé dans la lutte contre l’obésité.

La nouvelle taxe sanitaire sur les sodas était depuis longtemps sur la table dans la lutte contre l’obésité dans notre pays. En augmentant le prix de ces boissons contre-indiquées et en en décourageant ainsi la consommation, les autorités espèrent stimuler un modèle d’alimentation plus sain et faire diminuer la pression croissante sur notre système de soins.
Mais cette nouvelle taxe est diversement appréciée.

Certains y voient une manière de renflouer les caisses de l’Etat à bon marché, sans qu'il n'y ait d'effets probants sur le comportement des consommateurs.

Une goutte d’eau dans l’océan

Concrètement, les canettes de 33cl coûteront 1 cent en plus, une bouteille d’un litre 3 cents. Selon les experts, pareille taxe devrait être plus haute pour avoir un réel effet sur le comportement, et devrait être accompagnée de campagnes de prévention sur l’alimentation saine. Quelques centimes ne vont pas décourager les gens de boire des boissons sucrées ou les feront acheter des produits moins chers, mais tout aussi mauvais pour la santé. 

De plus, la taxe ne vise pas seulement les boissons sucrées, mais aussi les produits light et zéro, renforçant l’argument qu’il s’agit d’une mesure purement économique. En 2016, cette taxe doit rapporter 50 millions d’euros. On ne sait pas encore clairement à quoi servira cet argent.

Nous plaidons pour un plan global

Selon la ministre De Block, la mesure sanitaire n’est qu’une première étape dans un plus large projet contre l’obésité croissante dans notre société, et nous espérons vivement qu’il en sera ainsi. Nous avons d’ailleurs jadis écrit qu’une taxe sur le sucre ou la graisse ne pouvait pas être la seule arme brandie dans la lutte contre l’obésité. Les revenus d’un tel impôt doivent être utilisés pour informer le consommateur sur l’importance d’habitudes alimentaires équilibrées et doivent être combinées avec une diminution des prix de la nourriture saine. Une taxe isolée, sans plan global, n’aura que peu d’effets, comme le montrent les expériences dans d’autres pays.

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