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Acrylamide: pour une réglementation stricte et contraignante

28 octobre 2016
Chips

28 octobre 2016

Faut-il contraindre les fabricants à baisser drastiquement le taux d’acrylamide présent dans leurs produits alimentaires? La réponse est oui! Or, la dernière réglementation proposée par la Commission européenne est toujours beaucoup trop laxiste. La Belgique n’en veut pas et nous non plus.

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Cela fait des années que les risques pour la santé de l’acrylamide sont reconnus. Cancérigène avéré, cette substance chimique se forme lorsque des amidons (pommes de terre, céréales) sont cuits à haute température dans un milieu pauvre en eau (c'est-à-dire cuits au grill, au four ou au barbecue, rôtis ou frits). La problématique est donc de taille dans une société comme la nôtre où ces aliments et leurs dérivés (frites, chips, corn flakes, biscuits, pain, etc.) sont très régulièrement consommés.

Un secteur industriel peu enclin à revoir ses pratiques

La Commission européenne a, il y a une dizaine d’années, décidé d’encourager les fabricants à modifier leurs procédés de cuisson. Objectif: faire baisser le taux résiduel d’acrylamide dans les produits par la mise sur pied d’un code volontaire de bonnes pratiques. Malheureusement, sans résultat notable. Compter sur la bonne volonté des fabricants ne suffit visiblement pas.

Or, l'EFSA, l’agence européenne pour la sécurité alimentaire, a entretemps confirmé, tant les risques liés à la consommation d’acrylamide que la nécessité de valeurs guide légales. Nous avons nous-même, ainsi que plusieurs autres associations de consommateurs membres du BEUC (Bureau Européen des Consommateurs) analysé plusieurs gammes de produits à risque et découvert que les taux pouvaient grandement varier d’un fabricant à l’autre, preuve qu’il serait possible de les réduire dans l’ensemble du secteur.

Une avancée qui n’en est pas une

On aurait pu se réjouir que la Direction générale de la Santé et de la sécurité alimentaire de la Commission remette ce sujet sur la table et propose de nouvelles valeurs guide. Mais ce qui est proposé, ce ne sont toujours que des valeurs indicatives et non pas des valeurs fixes imposées à l’industrie, dont le dépassement serait sanctionné. Ni le BEUC, ni Test-Achats, ni même la Belgique dans le chef de ses ministres de la Santé et de la Sécurité alimentaire ne sommes satisfaits de cette « avancée ».

Pour une réglementation plus efficace

Nous sommes actifs depuis des années au sujet de cette problématique et on constate que l'auto-régulation a atteint ses limites. Il est grand temps de répondre à nos exigences.

  • Des limites maximales de teneurs en acrylamide légalement fixées pour chaque groupe d’aliments.
  • Une révision des valeurs maximales actuelles proposées par la Commission et des mises à jour régulières par la suite.
  • La mise sur pied de codes de bonnes pratiques contraignants pour les fabricants et non plus sur base volontaire pour les obliger à revoir leurs processus de production.
  • Des campagnes de sensibilisation des consommateurs qui doivent être informés à la fois des risques et de leurs possibilités de réduire le taux d’acrylamide présent dans les aliments qu’ils préparent eux-mêmes.

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