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Les numéros de lots des œufs contaminés au fipronil doivent être rendus publics !

07 août 2017

07 août 2017
Après analyses, il semble que la présence d’insecticide fipronil dans les œufs ne présente que peu de risques pour la santé. Cependant, nous exigeons que les numéros de lots des œufs contaminés soient rendus publics. Les consommateurs doivent pouvoir décider par eux-mêmes d’en consommer ou non.

L’insecticide fipronil n’est pas censé être utilisé directement sur des animaux destinés à rejoindre la chaîne alimentaire. C’est pourtant ce qui s’est passé, et la substance a également été retrouvée dans les œufs.

Confusion généralisée 

L’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) a communiqué de façon incomplète et trop peu transparente. C’est pourquoi, elle a finalement fait exactement l’inverse de ce qu’elle souhaitait, au lieu d’une gestion de crise sereine et calme, il ne règne que confusion. Les consommateurs se posent beaucoup de questions auxquelles il est grand temps de répondre clairement.

6 questions à l’agence alimentaire : réponses claires souhaitées !

1. Rendez les numéros de lots publics !

Dans tous les cas où un problème est constaté concernant les produits alimentaires, l’AFSCA publie les numéros de lots des produits concernés sur son site. Pourquoi ne pas le faire pour les œufs contaminés au fipronil? Au Pays-Bas, l'agence alimentaire néerlandaise, NVWA, a tout de suite rendu publics les numéros de lots des œufs contaminés. Le consommateur voit les supermarchés retirer les œufs de leurs rayons, mais n’est pas en mesure de savoir si les œufs qui se trouvent dans son frigo sont contaminés ou non.

Bien que les résultats des premières analyses semblent démontrer l’absence de risque important pour la santé, le consommateur doit pouvoir choisir librement de consommer ces œufs ou non. Le principe est le même pour les œufs contenus dans des produits transformés : le consommateur doit en être informé. Nous demandons aux ministres compétents, Denis Ducarme et Maggie De Block, d’obliger l’agence alimentaire de le faire.

2. Communiquez les résultats d’analyse exacts !

L’AFSCA affirme que les résultats d’analyse dont elle dispose se trouvent tous sous la norme imposée par l’UE. Mais pourquoi l’agence refuse-t-elle alors de rendre ces résultats publics?

3. La chronologie des évènements

L’agence était au courant de la contamination des œufs au fipronil depuis le début du mois de juin. Pourquoi a-t-il fallu attendre jusque début août pour que l’AFSCA communique publiquement à ce sujet, et encore après que l’information ait déjà été publiée via d’autres canaux ? Pourquoi l’AFSCA a-t-elle attendu jusqu’au 20 juillet pour alerter l’UE du problème, et comment expliquer que ce n’est que le 31 juillet (soit 11 jours plus tard) que l’Europe a envoyé l’alerte aux autres pays membres ?

4. Messages contradictoires

L’AFSCA communique constamment deux messages contradictoires: d’une part, qu’il n’y a aucun danger pour la santé publique, et d’autres part qu’il faut encore attendre les résultats des analyses afin de pouvoir communiquer plus clairement. Ces messages sont contradictoires. Comment l’agence peut-elle affirmer avec tant de certitude qu’il n’y a aucun danger pour la santé alors qu’elle ne dispose pas encore de tous les résultats d’analyses ?

5. Et avant le mois de juin?

Les problèmes liés au fipronil dans les œufs ont été communiqués à l’AFSCA début juin par une entreprise active dans le secteur. Qu’en est-il de la période antérieure ? L’AFSCA peut-elle garantir que cette problématique ne durait pas depuis longtemps avec des quantités de fipronil qui pourraient être dangereuses pour la santé ?

6. L’AFSCA doit choisir une autre approche

A chaque fois qu’un incident s’est produit dans le domaine alimentaire ces dernières années (l’EHEC dans les concombres, la viande de cheval dans les lasagnes…), nous avons observé le même comportement du côté de l’AFSCA. L’agence tente de garder tout sous silence et ne choisir de communiquer que lorsque le problème a été rendu public via une autre source.

Pourquoi l’agence donne-t-elle le sentiment de privilégier la limitation de l’impact économique pour le secteur par rapport à la santé publique ? La mission de l’ASFCA n’est-elle plus de « veiller à la sécurité de la chaîne alimentaire et à la qualité de nos aliments, afin de protéger la santé des hommes, des animaux et des plantes », comme on peut le lire sur son site web ?


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