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Les zones d’ombre de l’affaire des œufs au fipronil

11 août 2017

11 août 2017
La saga des "œufs au Fipronil" n’en finit pas. Chaque jour, de nouvelles informations tombent et se contredisent. Nous avons demandé que clarté soit faite sur plusieurs point fondamentaux.

L’Agence Fédérale pour la Sécurité Alimentaire (AFSCA) le dit et le répète : elle n’est au courant de la contamination des œufs au fipronil que depuis le 2 juin dernier.

Qu’en est-il finalement?

Hier soir, le ministre français de l’Agriculture, Stéphane Travert, a pourtant parlé de 196 000 œufs contaminés au fipronil en provenance de la Belgique et livrés à la France, entre le 16 avril et le 2 mai. L’ASFCA, ne semble pas savoir d’où proviennent ces chiffre et date. Le ministre Ducarme se dit "étonné" de cette information. Qui a raison?

Conclusion erronée dans le rapport

Après une lecture attentive du rapport, on constate que les 2 juin (notification par la casserie à l’AFSCA de résultats non conformes dans le cadre d’un autocontrôle), 9 juin  et 14 juin, l’ASFCA disposait de résultats de non-conformité.

Elle indique dans son rapport que 2 pistes ont été retenues pour expliquer cette non-conformité : "contamination de l’alimentation des poules et traitement contre les poux rouges dans l’étable suspecte. Les 2 pistes étaient liées à des opérateurs néerlandais (…)". Elle conclut que "le 15 juin, il était uniquement question d’une contamination chez un seul opérateur et que rien n’indiquait qu’il y avait en Belgique un problème étendu avec le Fipronil".

Allo? Il paraît tomber sous le sens que si la source de contamination est une de celles précitées, celle-ci n’aurait pas été vendue qu’à un seul opérateur en Belgique.

Principe de précaution!

Le principe de précaution exigeait à ce moment-là d’informer le ministre compétent ainsi que les autres Etats membres. Il aurait également été souhaitable d’informer le secteur avicole du risque potentiel pour que les éleveurs puissent procéder eux-mêmes à des analyses.

Découverte accidentelle

La découverte de cette contamination est un pur hasard. Si cela a été mis sous les projecteurs, c’est seulement parce que la société en question a transféré ses contrôles d’un laboratoire belge à un laboratoire allemand.

Par ailleurs, comment se fait-il que le laboratoire allemand ait contrôlé la présence de fipronil alors que la détection de celle-ci n’a pas été faite en Belgique? Cette substance est connue pour lutter contre le pou rouge. Il est surprenant de constater que l’analyse de risques effectuée par l’AFSCA n’ait pas conclu à l’utilité d’inclure le fipronil dans ses procédures de tests.

"Produit miracle"

La question demeure également de savoir comment un produit dont on vantait apparemment "l’efficacité miracle" a pu être commercialisé pendant tout ce temps sans aucun contrôle de ses ingrédients.

On suit l’affaire

Nous voulons que clarté soit faite sur toutes ces questions. Ce lundi, nous communiquions déjà une liste de 6 questions que se posent les consommateurs (dont certaines demeurent d’ailleurs toujours sans réponse). Ce mercredi nous mettions en lumière les coupes budgétaires réalisées par le gouvernement sur le financement de l’AFSCA.

Nous continuons bien évidemment à suivre ce dossier de très près.


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