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Acrylamide: l’Europe doit être plus ambitieuse

16 octobre 2020

La Commission européenne a proposé de nouveaux plafonds pour l’acrylamide dans les aliments et biscuits pour nourrissons. Avec raison, le Parlement européen les a jugés trop permissifs, obligeant la Commission à revoir sa copie. L’Europe doit mieux protéger les plus petits contre cette substance probablement cancérigène.

La Commission européenne souhaitait fixer les nouveaux plafonds pour l’acrylamide, à la valeur actuelle de référence de 150 μg/kg dans les biscuits pour bébés et à 50 µg/kg dans les aliments pour nourrissons, soit 10 µg de plus que la limite actuelle.

Le Parlement européen a rejeté cette proposition, estimant les limites proposées trop souples. Un avis que nous partageons totalement. En effet, chez les plus petits surtout, en raison de leur faible masse corporelle, la probabilité qu’ils ingèrent des quantités trop importantes de substances nocives est élevée.

Pas de limite sûre

Tant l’Organisation Mondiale de la Santé que l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) considèrent l’acrylamide comme un cancérigène potentiel. La plupart des scientifiques estiment qu’il est actuellement impossible de déterminer des doses sûres qui n’augmentent pas le risque de cancer. Voilà pourquoi la teneur en acrylamide doit demeurer la plus faible possible.

Les évolutions constatées depuis près de trois ans en matière de prescriptions pour l’acrylamide font clairement apparaître que la teneur en acrylamide dans l’alimentation peut et doit clairement être revue à la baisse. Nous estimons donc que l’Europe doit faire preuve d’une plus grande ambition par rapport aux limites actuelles.

Le processus de production détermine la formation d’acrylamide

L’acrylamide est une substance produite de manière naturelle suite à une réaction chimique lorsque certaines denrées alimentaires présentant une teneur élevée en amidon et asparagine (un acide aminé) sont chauffées à température élevée (> 120°C) en présence d’un peu d’eau.

Les producteurs peuvent limiter la présence de l’acrylamide dans leurs produits en optant pour d’autres ingrédients ou méthodes de conservation, voire en adaptant la température de préparation. Un producteur de biscuits est ainsi parvenu à diminuer de huit fois la teneur en acrylamide, uniquement en adaptant la recette. Un exemple qui confirme que les entreprises, si elles le souhaitent, peuvent bel et bien contrer la formation de cette substance nocive.

Vers notre dossier SUR L’ACRYLAMIDE