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OGM : avis sur l'étude controversée

11 décembre 2012
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11 décembre 2012

L'EFSA s'est prononcée sur l'étude du professeur Séralini. Celle-ci entendait démontrer les effets négatifs à long terme de l'utilisation de maïs OGM NK603 et d'herbicide Roundup de Monsanto.

L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) ainsi que six pays européens ont unanimement jugé que l'étude française ne fournissait pas de nouvelles données pertinentes qui rendraient nécessaire une révision immédiate de l'autorisation d'emploi du maïs NK603 dans la nourriture humaine et animale.

Pour rappel

Parue en septembre dans la revue américaine "The Journal Food and Chemical Toxicology", l'étude française a fait naître des doutes sur la sécurité de deux produits de la marque Monsanto: le maïs génétiquement modifié NK603 et l'herbicide à base de glyphosate, Roundup, ainsi que les herbicides génériques. Dans la publication, les auteurs écrivaient qu'une exposition continue au maïs génétiquement modifié (tolérant à l'herbicide Roundup), ainsi qu’à l'herbicide lui-même causait chez le rat l'apparition de maladies létales.

L'annonce des résultats de cette enquête a causé un véritable émoi, et les opposants aux OGM ont immédiatement exigé un renforcement des procédures d'homologation, ou même une interdiction des OGM dans l'Union Européenne. La Commission Européenne a donc demandé à l'EFSA d’évaluer si cette l'étude française comportait de nouvelles données scientifiques susceptibles de remettre en cause l’autorisation du maïs incriminé en Europe.
L’agence a donc répondu, le 28 novembre, par la négative.

Jugement de l'EFSA

Selon Per Bergman, directeur de l'évaluation des risques à l'EFSA, les nombreux manquements de l'étude ne permettent pas de la considérer comme une critique scientifique.
Les experts jugent l'étude française de mauvaise qualité en ce qui concerne son organisation, son compte-rendu et sa base statistique. En conséquence, il n'est pas possible d'imputer le nombre élevé de tumeurs apparues chez les rats au maïs transgénique NK603 ou à l'herbicide à base de glyphosate.

Dans une réponse aux critiques, le professeur Séralini a reconnu que la série de rats testés était trop restreinte pour pouvoir tirer des conclusions sur l'incidence des tumeurs et les décès, tandis que l’EFSA, BuRO (Allemagne) et RIVM (Pays-Bas) soulignaient l’incohérence de cette réponse avec les précédentes affirmations du groupe d'enquête français.

Les processus actuels de contrôle de la nourriture humaine et animale ou de l'herbicide à base de glyphosate ne seront donc pas modifiés.

Evaluation du Conseil consultatif de Biosécurité belge

De son côté, le Conseil consultatif de Biosécurité, compétent pour l'évaluation des risques des organismes génétiquement modifiés en Belgique, a aboutit à la même conclusion.
Les experts indépendants qui ont évalué l'étude ont souligné une série de manquements dans le protocole de test, la présentation des résultats, l'analyse statistique, l'interprétation des résultats et la rédaction de l'article. Eux aussi ont conclu que l'autorisation donnée au maïs OGM NK603 ne devait pas être immédiatement revue.
Le Conseil a tout de même demandé à l'EFSA d'évaluer rapidement les directives et procédures actuelles concernant les OGM, afin d'éventuellement mieux y intégrer l'évaluation à long terme.

 

Le site du Conseil consultatif de Biosécurité belge

Le site de l'EFSA


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