L'alimentation et la santé sous la loupe de logo TA
News

Scandale Viveba: le ministre Ducarme nous reçoit

12 mars 2018
viande et fraudes

12 mars 2018
Ce nouveau scandale de la viande révèle, selon nous, divers manquements: en matière de traçabilité des produits, d'autocontrôle, de communication de l'Afsca... Nous en avons fait part ce lundi au ministre de l'Agriculture.

La semaine dernière, les chaînes de supermarchés Delhaize et Colruyt ont retiré des rayons des centaines de produits à base de viande issue du groupe Verbist, propriétaire de plusieurs abattoirs en Belgique. Ces retraits concernaient essentiellement de la viande de bœuf.

Ils découlaient du fait que Veviba, l'abattoir de Bastogne qui fait partie du groupe Verbist, s'est vu retirer deux de ses agréments (pour l'entrepôt frigorifique et l'atelier de transformation de viande). En cause, des manquements au niveau de la sécurité alimentaire: dates de congélation falsifiées, découverte de morceaux de viande apparemment impropres à la consommation…

Le consommateur dans le flou

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a indiqué avoir identifié deux catégories de produits spécifiques pour lesquels un risque sanitaire potentiel existe: la viande hachée et la queue de vache.

Concernant les mesures prises dans la grande distribution, elle a parlé de "retraits par précaution", soulignant qu'à l'exception d'une partie du haché provenant de Veviba, la viande fraîche belge actuellement en vente n’est pas concernée par la problématique.

Mais le consommateur peine à se faire une idée précise de la situation.

Ce qui ne va pas

Dans l'attente du rapport de l'Afsca (prévu pour jeudi), nous avons rencontré ce lundi le ministre Ducarme en charge de l'Agriculture. L'occasion d'attirer son attention sur divers points qui posent problème:

  1. La traçabilité des produits. Aujourd’hui, chaque maillon de la chaîne n’est responsable que de ce qui se passe juste avant lui et juste après lui. Il n’y a donc aucune vue globale et uniforme sur la traçabilité d’un produit. Une aubaine pour les fraudeurs …
  2. Les limites de l’autocontrôle. Cet autocontrôle est une obligation européenne, mais celui-ci ne peut en aucun cas remplacer les contrôles par des organismes indépendants. Et pour cela, l’Afsca doit disposer d’un budget suffisant. Or, comme nous l'avons déjà dénoncé, entre 2011 et 2016, son budget total a diminué de 11 % et la dotation du gouvernement de 18 %. Plus grave: cela se traduit par une diminution des contrôles effectués par l’Afsca : - 8,5 % entre 2014 et 2016.
  3. Le timing des événements. Entre la plainte pour fraude économique fin 2016 et le constat par l’Afsca d’un problème au niveau sanitaire, il s'est écoulé près d’un an et demi. A partir du moment où une entreprise n’hésite pas à frauder au niveau de l’étiquetage, on peut sérieusement se demander si elle ne fraude pas sur d’autres aspects. Question: des contrôles ciblés par l’Afsca ont-ils dès lors rapidement eu lieu ?
  4. La communication de l'Afsca. Certes, l'Agence ne peut pas s’exprimer librement à partir du moment où une enquête judiciaire est en cours. Nous estimons néanmoins qu’une communication conjointe du parquet et de l’Afsca dans des dossiers qui touchent potentiellement à la santé publique est nécessaire. Autrement, c’est la confusion et la méfiance qui règnent dans le chef des consommateurs.

A l'invitation du ministre, nous participerons à la table ronde qu’il va organiser avec les représentants de tous les secteurs concernés par cette affaire.


Imprimer Envoyer par e-mail