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Test-Achats combat pour moins d’additifs

29 mars 2012
moins d'additifs

29 mars 2012

Pas de la généralisation de l’usage des additifs sur les fruits et les légumes. La Commission européenne nous rejoint sur ce point.

Actuellement, l’utilisation de quelques conservateurs et coatings sur les fruits frais est déjà autorisée.
Les producteurs utilisent ces additifs, E901, E903, E904 et E905, afin de prolonger la conservation du fruit, le protéger et/ou ralentir sa maturation. Bien souvent, il s'agit de fruits provenant de contrées lointaines (ex. ananas, melon, pêches, agrumes), mais sur les fruits de chez nous aussi, comme les pommes et les poires, cette utilisation est autorisée.

Au sein de la Commission européenne existait une proposition visant à étendre l’utilisation des coatings et des cires à un éventail encore plus large et diversifié de légumes et de fruits. L’autorisation avait été demandée d'utiliser l’huile minérale (E905a) en vue de la protection de légumes et de fruits frais en général. Avant de se prononcer, la Commission Européenne a consulté à cet égard, entre autres, des organisations de consommateurs comme Test-Achats et le Beuc.

Test-Achats sceptique vis-à-vis des coatings sur les fruits et les légumes

En tant qu’organisation de consommateurs, nous sommes d’avis que l’utilisation d’additifs dans l’alimentation doit être limitée. Les additifs devraient uniquement pouvoir être autorisés lorsque leur usage s’avère nécessaire pour des raisons techniques. C’est d’ailleurs aussi l’une des conditions du règlement européen en matière d’additifs. Pour les aliments et produits de base frais surtout, nous ne voyons aucun avantage dans l’utilisation d’additifs, donc pas davantage non plus pour les légumes et les fruits frais. À nos yeux, il n’est donc pas nécessaire d’utiliser des additifs dans le but d'aboutir à une durée de conservation plus longue.

En outre, le risque existe que, suite à l’utilisation de ce genre de cires sur différents fruits et légumes, une sorte d'accoutumance se développe chez le consommateur. Le risque existe donc que le consommateur refuse des fruits et des légumes sans éclat.

Par ailleurs, des risques peuvent être liés à l’utilisation d’additifs, comme les risques d’allergies. De même, une interaction peut se produire entre le coating sur le fruit et certains emballages, avec pour conséquence la migration possible de certains composants d’emballage vers les aliments. Autant de raisons fondées donc pour autoriser uniquement le recours aux additifs lorsqu’il existe un réel besoin technique. Au cas où ces additifs seraient utilisés, nous estimons quoi qu’il en soit que cette information doit être portée à la connaissance du consommateur par le biais d’affiches ou d’étiquettes.

L’Europe aussi est réticente

À l’issue d’une série de consultations au sein de la Commission européenne, il s’avère que les États membres sont réticents à l'égard de l’utilisation généralisée de coatings sur les fruits et les légumes. Nous sommes dès lors heureux de cette décision selon laquelle de laquelle la Commission ne généraliserait pas l’utilisation des coatings sur les fruits et les légumes. Une autorisation est possible, mais la situation devra être étudiée au cas par cas. S’il était décidé que dans un cas déterminé, un certain coating pouvait être utilisé, sa présence devrait être mentionnée ou affichée.

Des additifs aussi dans la viande pour hamburger surgelée

Dans de nombreuses denrées alimentaires, dont les produits de viande préparés comme le jambon, le lard et le pâté, les phosphates sont autorisés. La viande contient déjà naturellement des phosphates. La principale fonction des phosphates en tant qu’additif est l’amélioration de la texture des denrées alimentaires et la favorisation de la pénétration de la saumure dans la viande.

Dans le cas des produits à base de viande, il y a ainsi moins de pertes liées à la cuisson durant le réchauffement.
Au sein de la Commission européenne, une proposition visait à autoriser l’utilisation de tels phosphates dans la viande pour hamburger surgelée.

Nous avons également formulé un avis négatif à ce sujet, pour des raisons déjà évoquées: selon nous, mieux vaut limiter le plus possible le recours aux additifs. En outre, en cas d’utilisation de phosphates, le risque existe toujours que l’on vende de l’eau pour de la viande, car l’une des fonctions des phosphates consiste en la rétention de l’eau.

Là encore, la plupart des Etats membres se sont toutefois opposés à la proposition et il a été décidé que la Commission n’y donnerait pas suite. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision.


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