L'alimentation et la santé sous la loupe de logo TA
News

Traitement de la viande bovine à l’acide lactique : pourquoi le feu vert?

22 février 2013
traitement viande bovine

22 février 2013

La Commission européenne a décidé que les carcasses de bovins pouvaient désormais être traitées à l’acide lactique pour limiter les contaminations microbiennes. Que nous réserve-t-on encore ? Des poulets chlorés ?

En Europe, le traitement des carcasses de bovins à l’acide lactique était jusqu’ici interdit, étant donné que l’intégralité de la chaîne alimentaire, de la “fourche à la fourchette”, reposait totalement sur le principe des bonnes pratiques en matière d’hygiène. Pour la première fois, on déroge à ce principe. Or, nous ne sommes pas d’avis que de tels “moyens miraculeux” puissent et doivent remplacer les bonnes pratiques en la matière.

Voie libre pour l’importation de viande bovine américaine

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé que l’utilisation d’acide lactique est sûre et efficace en matière de réduction de la contamination microbienne sur les carcasses de bovins et de destruction des agents pathogènes comme la salmonelle et l’E. coli. Sur base de cet avis, il a été décidé d’autoriser le traitement dans les abattoirs européens. En outre, la viande bovine américaine traitée à l’acide lactique peut faire son entrée sur notre marché.

Après de longues dissensions parmi les États membres, la Commission européenne a décidé d’autoriser elle-même le traitement à compter du 25 février 2013. Elle souligne néanmoins que le recours à l’acide lactique ne peut pas être considéré comme un substitut aux bonnes pratiques en matière d’hygiène dans les abattoirs et qu’il s’agit uniquement d’un instrument supplémentaire visant à garantir la sécurité de la viande.

En route vers les poulets chlorés ?

Nous ne pensons néanmoins pas que de tels traitements vont dans l’intérêt du consommateur. Qui plus est, nous sommes d’avis que l’utilisation d’acide lactique doit être affichée sur l’étiquette, ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous espérons en outre que de tels “moyens miraculeux” n’affaibliront pas les soins en matière d’hygiène.

La réduction des contaminations microbiennes est et demeure une question de respect des normes d’hygiène tout au long de la chaîne : de l’éleveur au boucher, en passant par le transporteur, le grossiste et le revendeur, jusqu’au consommateur. Nous soulignons également que l’utilisation de l’acide lactique ne peut et ne doit en aucun cas remplacer les bonnes pratiques en matière d’hygiène.

Enfin, nous craignons qu’une telle autorisation crée un précédent pour l’utilisation d’autres produits chimiques moins anodins pour le traitement de la viande. Songeons aux poulets américains qui, au bout du parcours, se voient plongés dans un bain de chlore désinfectant…


Imprimer Envoyer par e-mail