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Antibiotiques chez les animaux : belle diminution

06 novembre 2019

06 novembre 2019
Les ventes d'antibiotiques vétérinaires en Europe ont diminué de plus de 32% entre 2011 et 2017. Plus important encore, deux des classes d'antibiotiques extrêmement importantes pour la médecine humaine ont été moins utilisées chez les animaux. Un constat récemment publié par l'Agence européenne des médicaments (EMA).

On le sait, réduire l’utilisation des antibiotiques est absolument nécessaire pour diminuer l’antibiorésistance. La résistance aux antibiotiques constitue donc un enjeu majeur de santé publique. C’est pourquoi des objectifs ambitieux, comme la diminution de 50% d’utilisation totale d’antibiotiques pour fin 2020, ont été établis pour réduire l’usage de ces médicaments en médecine vétérinaire. 

L'objectif principal est de préserver la possibilité d'un traitement efficace des infections chez l'homme et les animaux. Cela grâce à un cadre pour une action continue et étendue, donné par la Commission européenne.

De belles évolutions et de mauvais élèves

Pour estimer la réduction de l'utilisation d'antibiotiques, l'EMA a utilisé les données de 25 pays de l’UE. La grande majorité d’entre eux sont arrivés à une baisse des ventes d'antibiotiques vétérinaires de plus de 5%. Les efforts pour tenter d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre du plan d'action unique de l'UE contre la résistance aux antibiotiques ont donc globalement mené à des résultats tangibles. Mais, il faut rectifier le tir pour certains pays : trois n’ont pas enregistré de changement significatif et, pire, plusieurs ont déclaré une augmentation supérieure à 5% sur la vente des antibiotiques. Les augmentations les plus significatives incluent la Grèce et la Pologne.

Il faut donc continuer les campagnes nationales pour une utilisation prudente des antibiotiques chez les animaux, les objectifs de vente et de limitation de l'utilisation de certains antimicrobiens chez les animaux producteurs de denrées alimentaires et l’utilisation des documents d'orientation de l'UE. 

Et chez nous ?

Sur certains points, notre petit pays ne s’en sort pas trop mal dans la lutte contre la surconsommation d’antibiotiques chez les animaux. La part d'antibiotiques critiques pour l'homme et utilisés chez les animaux était en moyenne de 5,8% pour les 31 pays ('Espace économique européen et la Suisse). Chez nous, ce chiffre n'était que de 2,4% en 2017, ce qui fait de la Belgique le 6e meilleur pays. En 2010, nous étions encore à 7,2% : il s’agit donc d’une nette diminution de 67%. Mais nous pouvons aller plus loin : dans les pays scandinaves, l'utilisation de ces antibiotiques critiques pour l'homme a été presque totalement interdite. Pourquoi pas chez nous ?

A d’autres niveaux, nous avons encore de sérieux efforts à fournir : sur les 31 pays étudiés, la Belgique est le 7e utilisateur d'antibiotiques pour l'élevage d'animaux. Nous devons donc nous engager bien davantage. Autre exemple : entre 2010 et 2017, l'utilisation d'antibiotiques a diminué de 27% en Belgique, ce qui nous place en 12e position. Mais, une fois de plus, prenons exemple sur d’autres pays : la France atteint une diminution de 50%, le Royaume-Uni de 52%, et l’Allemagne de 58%. 

Enfin, n’oublions pas que la Belgique reste un utilisateur majeur d’antibiotiques en médecine vétérinaire en Europe et qu’elle fait également partie des leaders européens dans l'utilisation d'antibiotiques chez l'homme. Nous continuons donc à demander que de nouveaux objectifs plus ambitieux soient fixés chez nous.

Pour tout savoir sur les antibiotiques dans notre alimentation, consultez notre dossier Antibiotiques dans l’alimentation.

Vers notre dossier sur les antibiotiques dans l'alimentation