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Dossier

Pour des médicaments à prix abordables

30 janvier 2019
Guerissez l'industrie pharmaceutique

30 janvier 2019
Les prix demandés par les entreprises pharmaceutiques pour leurs médicaments ne sont pas soutenables pour notre système de soins de santé. Le remboursement de traitements efficaces pourrait s'en trouver compromis. Les pouvoirs publics doivent réagir pour briser cette spirale d’augmentation des prix.

Manque de transparence chez les fabricants

Le développement de nouveaux médicaments coûte énormément d’argent, affirment les fabricants. Nous sommes obligés d’appliquer des prix très élevés pour compenser les coûts de la recherche. De tels arguments ne nous convainquent guère et ce, pour trois raisons. 

  • Les fabricants ne sont pas les seuls à supporter ces coûts. Une partie de la recherche pour les nouveaux médicaments s’effectue dans les universités et est financée par l’argent des impôts et les dons d’organisations comme la Fondation contre le cancer et Kom op tegen Kanker. En outre, les entreprises bénéficient de nombreuses réductions d’impôts accordées par les pouvoirs publics pour stimuler la recherche.

  • Si les coûts augmentent, c’est en partie parce que la recherche et le développement ne fonctionnent pas efficacement. Certaines recherches sont superflues, parce que différentes firmes se livrent aux mêmes recherches sans partager leurs résultats. De trop nombreuses études sont réalisées dans certains domaines alors qu’il n’y en a malheureusement pas assez dans d’autres.

  • Les entreprises pharmaceutiques restent muettes quant au montant réel de ces coûts. Selon un institut de recherche américain, sponsorisé par l’industrie pharmaceutique, ce coût s’élèverait à quelque 2,6 milliards de dollars par médicament. Une étude récente évalue le coût d’un médicament contre le cancer à 648 millions de dollars, soit moins du tiers. Certains chercheurs évoquent même un montant de 180 à 231 millions de dollars lorsqu’ils tiennent compte des avantages fiscaux.

L’industrie pharmaceutique se défend en avançant l’argument selon lequel les bénéfices sont réinvestis dans l’innovation. Une récente analyse a toutefois révélé que les bénéfices étaient presque intégralement versés aux actionnaires.