L'alimentation et la santé sous la loupe de logo TA
Dossier

Pour des médicaments à prix abordables

30 janvier 2019
Guerissez l'industrie pharmaceutique

30 janvier 2019
Les prix demandés par les entreprises pharmaceutiques pour leurs médicaments ne sont pas soutenables pour notre système de soins de santé. Le remboursement de traitements efficaces pourrait s'en trouver compromis. Les pouvoirs publics doivent réagir pour briser cette spirale d’augmentation des prix.

Nous payons nos médicaments deux fois

Nous payons en réalité deux fois nos médicaments. Lorsque nous nous rendons à la pharmacie et que nous déboursons tout au plus quelques euros pour un médicament contre le cholestérol ou le diabète, nous devons ce prix bas à l’intervention de la caisse d’assurance-maladie (Inami). Les caisses de l’Inami sont alimentées par nos cotisations sociales et nos impôts. En 2017, l’Inami a dû débourser quelque 4,32 milliards d’euros pour le remboursement des médicaments. Soit en moyenne 400€ par habitant.

 

A vrai dire, nous apportons, à ce moment-là déjà, une contribution non négligeable au développement des médicaments. Les entreprises pharmaceutiques utilisent en effet les recherches universitaires pour développer de nouveaux médicaments. Et les universités sont elles aussi financées par nos impôts. En 2015, la recherche biomédicale dans les universités et les centres de recherche publics dans notre pays a été sponsorisée à hauteur de 575 millions d’euros.
Sont compris dans ce montant, 59 millions d’euros versés, en 2015, directement à la recherche biomédicale menée par les fabricants.
Les entreprises bénéficient, en effet, aussi de subsides au travers desquels les pouvoirs publics entendent stimuler la recherche et le développement. 

Avantages fiscaux

Les firmes pharmaceutiques peuvent également compter sur de substantiels avantages fiscaux. Les entreprises qui investissent dans la recherche paient par exemple moins d’impôts des sociétés. 80% des recettes issues des brevets sont ainsi exonérés d’impôt. En outre, les entreprises médicales bénéficient d’un crédit d’impôt pour leurs investissements dans la recherche et le développement. En 2016, les pouvoirs publics ont fait fi de 872 millions de recettes en octroyant des avantages fiscaux aux entreprises du secteur médical.

Ces mesures fiscales ont pour but de stimuler la recherche de nouveaux médicaments. Certaines mesures ressemblent pourtant à des coups d’épée dans l’eau. Prenons par exemple la déduction fiscale pour les recettes provenant des brevets: le Bureau du Plan n’y relève aucun effet favorable. Au contraire. Certaines multinationales enregistrent leurs brevets en Belgique, alors que le produit auquel sert ledit brevet n’est même pas développé dans notre pays. Elles utilisent tout simplement cette mesure pour minimiser leur base imposable.