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Dossier

Pour des médicaments à prix abordables

07 novembre 2018
Guerissez l'industrie pharmaceutique

07 novembre 2018
Les prix demandés par les entreprises pharmaceutiques pour leurs médicaments ne sont pas soutenables pour notre système de soins de santé. Le remboursement de traitements efficaces pourrait s'en trouver compromis. Les pouvoirs publics doivent réagir pour briser cette spirale d’augmentation des prix.

Ces nouveaux médicaments, beaucoup plus coûteux, sont-ils beaucoup plus efficaces?

Si les entreprises pharmaceutiques ont développé quelques produits révolutionnaires, l’avantage de nombreux médicaments est assez réduit, comme l’indiquent différentes études. 

Un exemple concret: les 71 médicaments que l’agence américaine des médicaments, la FDA, a approuvés entre 2002 et 2014 pour le traitement des tumeurs malignes du sein et des intestins, par exemple, n’ont prolongé la vie des patients que de 2,1 mois.

Seuls dix des 92 nouveaux médicaments de 2017 représentent un vrai progrès en comparaison avec les produits existants, a récemment conclu le magazine médical Prescrire.

Étonné? Pas nous. Car pour enregistrer un médicament, les fabricants ne doivent pas démontrer que le nouveau produit est plus efficace qu’un produit existant. Il lui suffit d’exercer plus d’effet qu’un placebo. 

De plus, les médicaments pour les troubles graves sont souvent commercialisés sur la base de données limitées pour donner aux patients un accès rapide à de nouveaux traitements. Mais les preuves tangibles de la valeur ajoutée semblent souvent également être omises dans les années suivant la commercialisation et le remboursement par l’assurance maladie.

La plus-value fait souvent défaut, mais les nouveaux médicaments impliquent toujours davantage de danger parce que leur profil de risque n’est pas encore totalement établi!

De nombreux médicaments « nouveaux » ne sont en outre rien de plus qu’un copier-coller de produits existants (les médicaments « me too »). Grâce à une petite adaptation sans plus-value démontrée, le producteur profite d’un nouveau brevet et d’un monopole total pendant plusieurs années. La seule chose qu’il lui reste à faire, c’est convaincre les médecins que ce « nouveau » médicament est meilleur que l’original. Et il utilise à cet effet tous les moyens marketing possibles

En revanche, pour certaines maladies, quasiment aucun nouveau médicament n’est développé, alors qu’il y a un besoin énorme. Comme de nouveaux antibiotiques pour lutter contre les bactéries résistantes à certains remèdes. 

 

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