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Dossier

Pour des médicaments à prix abordables

30 janvier 2019
Guerissez l'industrie pharmaceutique

30 janvier 2019
Les prix demandés par les entreprises pharmaceutiques pour leurs médicaments ne sont pas soutenables pour notre système de soins de santé. Le remboursement de traitements efficaces pourrait s'en trouver compromis. Les pouvoirs publics doivent réagir pour briser cette spirale d’augmentation des prix.

La société ne reçoit que peu en retour

De nombreux médicaments sont basés sur la recherche fondamentale, qui a bien souvent lieu dans une université. Il ressort d’une récente analyse que la recherche fondamentale financée par des moyens publics est à la base de tous les médicaments approuvés entre 2010 et 2016 aux Etats-Unis.

Près d’un quart des médicaments commercialisés entre 1998 et 2007 ont été découverts dans une université. Ces médicaments demeurent en outre nettement plus innovants que les médicaments découverts par les entreprises pharmaceutiques traditionnelles.

Maigre compensation pour découvertes d’exception

Que reçoit la société en échange de ces découvertes? Les entreprises pharmaceutiques mettent certes de l’argent sur la table, mais sans commune mesure par rapport aux bénéfices qu’elles engrangent grâce à ces découvertes.

En voici un exemple belge.

Des chercheurs de la KU Leuven ont découvert avec un institut de recherche tchèque trois médicaments différents, parmi lesquels le tenofovir, un médicament efficace contre le VIH. Au début des années nonante, ils ont octroyé une licence exclusive à l’entreprise pharmaceutique américaine Gilead, qui a développé les molécules et les a mises sur le marché dans différents médicaments.

Selon nos estimations, Gilead a enregistré un chiffre d’affaires de plus de 72 milliards d’euros entre 2008 et 2017, grâce à une dizaine de produits, basés surtout sur le tenofovir ou l’un de ses dérivés. Selon des rapports annuels, nous estimons les retombées pour la KU Leuven à 559 millions d’euros, soit moins d’1% du chiffre d’affaires. Au cours de cette même période, l’Inami a dépensé 486 millions d’euros pour le remboursement de ces mêmes médicaments.