News

Interactions entre médicaments: pharmaciens parfois insouciants

23 mars 2012 Archivé
interaction médicaments

23 mars 2012 Archivé

Notre enquête anonyme auprès de pharmaciens montre que certains ne sont pas assez attentifs aux interactions entre médicaments.

Près de 3% des hospitalisations sont dues à des interactions entre médicaments. Un pharmacien ne peut donc pas délivrer de médicaments à la légère.

Une interaction peut en effet se créer entre deux médicaments, mais aussi entre un médicament et des aliments ou de l’alcool, et entraîner une perte d’effet. Autrement dit, les médicaments peuvent être moins efficaces ou avoir des effets indésirables et potentiellement dangereux.

Enquête anonyme auprès de 51 pharmaciens

Notre volonté était de tester les connaissances des pharmaciens sur les interactions entre médicaments, dans deux scénarios différents. Nos enquêteurs ont donc rendu visite à deux reprises à 51 pharmaciens.

Chaque fois, l'enquêteur anonyme devait demander des médicaments où il y avait une interaction entre un médicament délivré sous ordonnance et un autre en vente libre. Lors de leur première visite, nos enquêteurs anonymes disposaient d’une prescription pour du Marcoumar (anticoagulant) et ont demandé en sus une boîte d’aspirine pour le mal de tête. Lors de leur deuxième visite, ils ont remis une ordonnance pour du Deso-20, une pilule contraceptive, tout en commandant du millepertuis.

Idéalement, le pharmacien doit demander si les deux produits sont destinés au même patient. Ensuite, il lui incombe d’avertir celui-ci que les deux produits ne peuvent être pris ensemble, puis de lui proposer une meilleure option.

Un pharmacien doit être plus qu’un vendeur

Les résultats de notre enquête anonyme ne sont pas très rassurants. Nous voulons que le pharmacien prenne son rôle de conseiller et de prestataire de soins au sérieux. Il doit poser davantage de questions, conseiller avec précision et jouer un rôle plus actif dans la surveillance des interactions.

D'ailleurs, depuis avril 2010, les pharmaciens reçoivent une indemnité supplémentaire pour assurer l’accompagnement de la première délivrance d’un médicament. Ce surcroît d’honoraires est intégralement à la charge de l’INAMI, mais notre enquête montre que les pharmaciens l’empochent sans que le patient bénéficie d’un encadrement digne de ce nom. Tant que ce suivi n’est pas effectif, nous remettons en question le bien-fondé de cette indemnité. 


Imprimer Envoyer par e-mail