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Non à Mysimba, un nouveau médicament contre l’obésité

27 janvier 2015
mysimba

27 janvier 2015

L’Agence européenne du Médicament a émis un avis favorable pour la commercialisation de Mysimba, un médicament contre l’obésité. La Commission européenne doit à présent décider si elle suit ou non cet avis. Nous souhaitons qu’elle s’en abstienne.

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Mysimba entraîne principalement une diminution de l’appétit. Il s’agit d’une combinaison de deux substances : bupropion et naltrexone. Bupropion est apparenté aux amphétamines et est déjà utilisé pour la désaccoutumance du tabac et la dépression. Côté effets secondaires indésirables, épinglons les convulsions et une augmentation de la pression artérielle. Naltrexone est utilisé dans le traitement de l’alcoolisme et de l’héroïnomanie. Parmi les effets secondaires possibles, citons entre autres des troubles gastro-intestinaux, de l’insomnie, de la fébrilité et des douleurs articulaires.

Zones d’ombre sur la sécurité

Nous sommes préoccupés par les conséquences fatales possibles de Mysimba pour le cœur et les vaisseaux sanguins. Le médicament peut en effet augmenter la pression sanguine et la fréquence cardiaque et on ignore s’il est suffisamment sûr à long terme. Ceci, alors que les patients atteints d’obésité sont déjà plus sensibles à de tels problèmes !

Avantages douteux

Les risques pèsent plus lourd face à la perte de poids somme toute limitée. Ces dernières années, différents médicaments contre l’obésité ont dû être retirés du marché, dont les produits de type amphétamine comme le Mysimba. Leur effet limité - quelques kilos en moins réapparaissant souvent quelques semaines plus tard - ne fait en effet pas le poids face aux effets secondaires déjà enregistrés. Mysimba est censé être prescrit uniquement dans des cas spécifiques et le traitement doit être suivi de près, mais nous savons d’expérience que les avertissements et les règles en matière d’utilisation correcte ne sont que rarement respectés pour ce type de médicaments.

La commission européenne doit opter pour la santé publique

L’Agence européenne du médicament n’a pas le dernier mot. Son avis doit encore être soumis à la Commission européenne, qui prend la décision finale. La Belgique aussi a voix au chapitre, à l’instar des autres États membres. Nous avons dès lors demandé à nos représentants au sein de la commission compétente de bien vouloir donner la priorité à la santé publique et de voter contre. Notre organisation faîtière européenne, le BEUC, a elle aussi insisté auprès de la Commission pour qu’elle émette un avis négatif. À suivre. 


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