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Nouvelles mesures relatives aux médicaments dès le 1er avril

31 mars 2017
Certains médicemants seront plus chers suite aux mesures de Maggie De Block

31 mars 2017
Quelques nouvelles mesures entreront en vigueur à partir du 1er avril 2017. Si elles se destinent officiellement à lutter contre la surconsommation et la consommation inefficace de médicaments, il s’agit en fait d’économies au détriment du patient. Voici un aperçu des changements concrets auxquels vous pouvez vous attendre.

Fin 2016, la ministre Maggie De Block annonçait une série de mesures à l’aide desquelles elle souhaitait mettre un terme à la surconsommation et la consommation inefficace de médicaments. Quelques-unes de ces dispositions prennent leurs effets à compter du 1er avril. En soi, il s’agit toutefois de mesures d’économie dont vous paierez la note, en tant que patient.

Nous estimons cependant que pour lutter contre la surconsommation, les pouvoirs publics doivent s’adresser en premier lieu aux médecins et aux pharmaciens. En effet, ce sont eux qui prescrivent et délivrent ces médicaments.  

Mais quels sont les changements exacts ? En voici un aperçu.

Antiacides : fin du remboursement des grands emballages

À partir du 1er avril, les grands emballages (plus de 60 comprimés) de certains inhibiteurs de la pompe à protons (indiqués en cas d’ulcère gastrique ou de reflux gastro-oesophagien) ne sont plus remboursés. Cela concerne par exemple l’oméprazole 40 mg en boîte de 100 gélules, le pantoprazole 40 mg en boîte de 100 gélules et le lansoprazole 15 mg en boîte de 84, 98 et 100 gélules.

Selon la ministre De Block, un traitement de plus de huit semaines avec un antiacide n’est pas justifié. Cette durée convient pour les ulcères gastriques et les inflammations modérées de l’oesophage, mais les personnes souffrant de reflux gastro-oesophagien sévère prennent probablement ce type de médicaments à vie. Une exception est néanmoins prévue pour le traitement du syndrome rare de Zollinger-Ellison et le post-traitement d’une ablation de la muqueuse de l’œsophage par radiofréquence pour une muqueuse de Barrett. 

Pourquoi certains antiacides seront-ils toutefois encore remboursés ? Cela reste un mystère pour nous. Ainsi, après le 1er avril, l’INAMI n’interviendra plus pour les grands conditionnements de lansoprazole 15 mg, mais bien pour la dose plus élevée. L’ésoméprazole 20 et 40 mg restent également remboursés. Ces exceptions à la règle soulèvent de nombreuses questions de notre part. En effet, aucune différence en termes d’efficacité ou de sécurité n’a jamais été démontrée entre les divers antiacides.

Sprays nasaux : sans prescription et à vos frais 

Dès le 1er avril, certains sprays nasaux à base de corticostéroïdes bénéficient d’un « double statut ». Il s’agit de sprays comme Beclometasone Apotex, Rhinocort, Flixonase Aqua, Avamys et Nasonex, utilisés pour les symptômes nasaux en cas de rhume des foins ou d’allergie aux acariens. 

Quelles sont les conséquences pour vous ? Si vous disposez d’une prescription pour un spray nasal, une petite partie vous sera encore remboursée. Pour le spray nasal Rhinocort par exemple, vous paierez dorénavant environ 9 €, contre 3,86 € à peine auparavant. Néanmoins, dans le courant de l’année, ce type de spray nasal sera aussi en vente libre en pharmacie. Dans ce cas, vous payez la somme entière de votre poche. 

La ministre De Block a introduit cette mesure pour lutter contre la surconsommation d’un autre type de pulvérisations nasales : les sprays vasoconstricteurs (p. ex. Otrivine et Nesivine). Ceux-ci peuvent être indiqués en cas de rhume et sont disponibles sans prescription en pharmacie. Cependant, on soupçonne que leur utilisation de longue durée puisse causer un nez bouché.

Nous jugeons plutôt tiré par les cheveux de mettre les sprays nasaux contenant des corticostéroïdes en vente libre pour réduire la surconsommation des sprays nasaux vasoconstricteurs. En premier lieu, le patient doit être informé de l’utilisation correcte et des éventuels dangers des sprays nasaux vasoconstricteurs par son médecin et son pharmacien. De plus, les publicités pour de tels sprays vont bien entendu de pair avec une surconsommation. C’est pourquoi nous avons déjà demandé une interdiction des publicités pour les médicaments en vente libre. 

Il y a du changement dans l’air pour les antibiotiques également. Les patients bénéficiant d’une intervention majorée paieront trois fois plus que maintenant, contre deux fois plus pour les patients couverts par une assurance ordinaire.  

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