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Une famille sur quatre n’arrive pas à obtenir ses médicaments

26 janvier 2021

Selon notre sondage, pas moins de 28,5 % des familles belges se sont vu répondre, ces deux dernières années, que leur médicament n’était pas disponible. Le problème ne fait donc qu’augmenter. Or, cette pénurie entraîne souvent des coûts plus élevés, voire davantage de symptômes ou d’effets secondaires. Nous demandons au gouvernement d’agir.

28,5 % des ménages ont été confrontés à une pénurie de médicaments au cours des deux dernières années. Pour 16 %, cela s’est même produit à plusieurs reprises. C’est ce qui ressort de notre sondage mené en novembre auprès de 2 100 de nos concitoyens.

Vous pourrez en lire plus sur le sujet dans notre dossier Pénurie de médicaments.

Vers notre dossier

 

Le patient paie les conséquences et les coûts

Bien qu’une alternative existe heureusement dans la plupart des cas, la pénurie ne va pas sans causer des désagréments aux patients. Près de la moitié des répondants déclarent avoir eu plus de symptômes ou de problèmes suite à cette pénurie. Parmi ceux-ci, l’angoisse et le stress de ne pas trouver leur médicament ont été le plus souvent rapportés. Pour un tiers, les symptômes se sont même aggravés.

Un tiers des répondants signale également que la pénurie a entraîné des coûts supplémentaires. Certains ont dû payer une consultation supplémentaire chez leur médecin (7%), pour d’autres le médicament alternatif était plus cher ou non remboursé (14 %). En moyenne, le surcoût lié au nouveau médicament revient à 26 € par patient. 

Enjeux financiers en cause

Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’un médicament soit en pénurie: le composant actif peut par exemple faire défaut et empêcher la production, ou il faut corriger des problèmes de qualité, ou faire face à des problèmes de logistique, comme un accident pendant le transport. Le point commun de tous ces facteurs? La volonté des firmes pharmaceutiques de réduire leurs coûts au maximum: en transférant une partie du processus de production dans un pays où les coûts sont moins élevés, comme en Asie, en concentrant de plus en plus leur production et leur stock sur un nombre réduit de sites, en limitant drastiquement leurs stocks, etc. Nul besoin de préciser que le moindre problème risque alors d’avoir un lourd impact.

Il est temps d’agir !

Bien que Test Achats se réjouisse de certains progrès réalisés dans ce domaine, comme le lancement de l’AFMPS du site pharmastatut.be (qui recense les médicaments en pénurie et en mentionne la durée, la cause, et l’existence ou non de médicaments alternatifs), il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Il est, entre autres, impératif d’avoir une vision claire des stocks de médicaments pour pouvoir identifier quels médicaments risquent de connaître une pénurie et prendre les mesures nécessaires, telles que l’interdiction des exportations. Par ailleurs, ce n’est ni aux patients ni à la société, mais bien aux firmes pharmaceutiques de supporter les conséquences financières de ces pénuries.