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Soutien gouvernemental record pour l’industrie pharmaceutique

19 novembre 2019

Entre 2013 et 2017, près de 2,8 milliards d'euros de recettes fiscales ont été versés à l'industrie pharmaceutique. Un montant record. Pourtant, nos pilules n’en sont pas moins chères, bien au contraire. La semaine dernière, nous avons donné notre avis concernant le caractère abordable des médicaments lors d’une audition au Parlement.

Jamais les sociétés pharmaceutiques de notre pays n’ont reçu autant d’aide gouvernementale que ces cinq dernières années. Selon Het Laatste Nieuws, il s’agissait d’un montant record de près de 2,8 milliards d’euros entre 2013 et 2017. Et en effet: début 2019 nous publiions des chiffres similaires dans notre bilan. En collaboration avec Kom op tegen Kanker et Médecins du Monde, nous avons récemment formulé un certain nombre d'avis lors de l'audition organisée par le Comité de la santé du Parlement fédéral sur l'accessibilité économique des médicaments.

Double facture

En pratique, nous payons deux fois nos médicaments. Une première fois via le financement par nos impôts de la recherche universitaire et par les avantages fiscaux dont profitent les entreprises pharmaceutiques. Une deuxième fois par le biais de contributions à la sécurité sociale pour le remboursement de ces mêmes médicaments. 

Les entreprises pharmaceutiques en récoltent les bénéfices, mais notre société ne bénéficie pas pour autant de médicaments à des prix abordables. Il est urgent de fixer nos conditions!

Conditions de vente concernant les résultats de recherche

Les avantages fiscaux sans cesse croissants dont bénéficient les sociétés pharmaceutiques dans notre pays n'entraînent généralement pas d'investissements supplémentaires dans la recherche, ce qui est pourtant l'objectif de ce soutien gouvernemental.

De plus, les connaissances de nos universités et de nos centres de recherche publics en recherche biomédicale sont mal commercialisées. Les résultats de leurs recherches sont vendus à une seule entreprise, sans imposer de conditions concernant le prix des produits qui sont finalement développés grâce à ces recherches. La société pharmaceutique bénéficie d'un monopole et donc d'un laissez-passer gratuit pour vendre le produit final à un prix exorbitant.

Plus de chèques en blanc

La manière dont nous parrainons la recherche biomédicale en tant que société doit changer. Les besoins médicaux et sociaux doivent, par exemple, jouer un rôle important dans la répartition des fonds publics entre les différents domaines de recherche.

En outre, le gouvernement doit également veiller à ce que les médicaments mis au point sur la base de recherches financées par les impôts soient disponibles pour tous les patients du monde à un prix abordable. Cela signifie notamment que les universités doivent imposer des conditions à leurs contrats de licence avec des entreprises. Aux Pays-Bas cet été, les centres hospitaliers universitaires se sont engagés à respecter dix principes parmi lesquels l’abordabilité du produit final. Nous devons également avancer dans cette direction.

Il est temps d’agir

Les recommandations ci-dessus ne sont qu'une petite sélection de celles que nous avons élaborées l'année dernière en collaboration avec Kom op tegen Kanker et Médecins du Monde. Nos décideurs doivent prendre des mesures urgentes pour maîtriser le budget explosif consacré aux produits pharmaceutiques.

Cette question mérite une place dans l'accord de coalition du prochain gouvernement fédéral. Les auditions du Comité de la santé sur les prix des médicaments constituent déjà un signal positif. Maintenant, il faut joindre l’acte à la parole.

Les prix pour les médicaments facturés par les sociétés pharmaceutiques sont insoutenables pour les soins de santé. A terme, ce fonctionnement pourrait compromettre le remboursement des traitements précieux. Le gouvernement doit de toute urgence prendre des mesures pour briser la spirale de la hausse des prix. Vous pouvez en savoir plus sur l'accessibilité financière des médicaments dans notre dossier.