Communiqué

Polémique Avastin – Lucentis les chiffres de la Ministre démontrent le manque de transparence

09 octobre 2019

Test Achats s’étonne des propos de la Ministre De Block qui prétend que la décision de remboursement du médicament contre la dégénérescence maculaire humide, le Lucentis, n’aurait pas coûté 500 millions mais seulement un dixième de ce montant. Si le contribuable paie pour le remboursement d’un médicament, la transparence est le minimum auquel il a droit.

Bataille de chiffres

En Commission Santé Publique de la Chambre aujourd’hui, la Ministre De Block a “rectifié” les chiffres parus dans la presse au sujet du coût pour l’assurance maladie du remboursement du Lucentis en mentionnant un montant de 51 à 57 millions d’euros pour la période 2017 à 2018. 

La Ministre sait pourtant pertinemment que le calcul, effectué par le journal Het Laatste Nieuws, porte sur une période beaucoup plus longue que celle de 2017 à 2018. Ce calcul prolonge celui qui avait été réalisé par le syndicat des ophtalmologues pour la période de 2009 à 2014 et qui estimait à 200 millions d’euros les économies qui auraient pu être réalisées par la Belgique. Une estimation ? Evidemment vu que les chiffres exacts ne sont malheureusement pas publics.

Un boom de contrats secrets

Les contrats secrets ont connu un véritable boom sous la Ministre De Block. En 2017, environ un quart du budget médicaments a été dépensé pour des médicaments suivant la procédure de l’article 81 (négociations secrètes). Au total, cela représente, 1 milliard d’euros ! Soit une multiplication par trois quand on compare avec l’année 2012 où le montant s’élevait à 300 millions d’euros.

Une modification récente de la législation fait craindre qu’il sera encore davantage possible à l’avenir d’éluder une prise de décision démocratique et transparente. Jusqu’à présent, une procédure de négociation était possible sur la proposition de la Commission de remboursement des médicaments, ou lorsque la CRM n’était pas en mesure de formuler une proposition (de remboursement) définitive à la majorité des deux tiers de ses membres. A présent, le ministre peut même proposer une négociation du contrat lorsque la CRM conseille de ne pas rembourser un médicament.

Les contrats secrets n’ont pas leur place dans une démocratie

Pour Test Achats, le système des conventions pour négocier des remises de prix secrètes doit être aboli. Cela doit se faire au niveau européen car un petit pays comme la Belgique n’y arrivera pas tout seul. « Mais tant que ces conventions secrètes existeront, un organisme public indépendant doit pouvoir les consulter pour effectuer une évaluation de fond de ce système de remboursement. C’est le minimum auquel les contribuables ont droit », selon le Dr Martine Van Hecke, experte santé chez Test Achats. Ces exigences ont été formulées à maintes reprises avec Kom op Tegen Kanker et Médecins du Monde, notamment dans le cadre du séminaire commun organisés par les trois organisations fin de l’année passée. Elles sont également reprises dans un rapport de juin 2017 du KCE.

Les discussions qui ont lieu aujourd’hui autour de chiffres invérifiables sont un énième exemple du fait que ces négociations secrètes n’ont pas leur place dans un système démocratique. L’opacité ne permet pas d’exercer le contrôle démocratique nécessaire sur une thématique pourtant cruciale pour la société : celle de la bonne santé de son système d’assurance-maladie.

Accès presse

Pour avoir accès à tous les contenus en tant que journaliste, nous vous demandons de nous envoyer un e-mail.