Communiqué

Aspen s'engage à réduire de 73 % les prix des médicaments contre le cancer

14 juillet 2020

La société pharmaceutique Aspen a proposé de s’engager à réduire les prix de certains médicaments anticancéreux de 73 % en moyenne en Europe pour les dix prochaines années. Ces engagements font suite à une enquête antitrust ouverte par la Commission européenne en mai 2017 contre la politique de prix du géant pharmaceutique sud-africain. Cette enquête cherchait à déterminer si Aspen, en tant qu’entreprise dominante, a enfreint l'interdiction prévue par les directives européennes de libre concurrence, d’imposer des prix excessifs

Une politique de prix extrêmement agressive

Septembre 2016 ; c’était il y a presque 4 ans, la firme Aspen se voyait condamnée à une amende de 5 millions d’euros par l’autorité de la concurrence en Italie, suite à une plainte déposée par l’organisation de consommateurs Altroconsumo, association-sœur de Test Achats. En Belgique, Test Achats constatait qu’Aspen s'était livrée aux mêmes pratiques répréhensibles, avec pour conséquence une dépense supplémentaire pour notre sécurité sociale estimée à 2,8 millions d’euros par an.

En effet, Aspen avait mené une politique des prix extrêmement agressive. En soi, une hausse des prix n’était pas déraisonnable, puisqu’il s’agit d’anciens médicaments bon marché, dont le prix avait été bloqué et parfois diminué par décision des autorités. Cette fois, Aspen a cependant dépassé les limites de l’acceptable: selon les médicaments, la hausse va de 500 à 1600 %. Pour le Leukeran par exemple, le prix avait grimpé de 10 € à environ 118 € par boîte. Tout ceci sans même présenter un calcul transparent des coûts, susceptible de servir de base à un accord honnête et équilibré en matière de prix. Test Achats avait alerté les ministres compétents et l’autorité belge de la concurrence pour faire bouger les choses dans un sens favorable aux patients et à la sécurité sociale.

Victoire pour les patients

Pour rappel, Aspen commercialise les médicaments vitaux Alkeran, Myleran, Leukeran, Puri-Nethol et Lanvis. Ces produits sont utilisés dans le traitement de certaines formes de cancer, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. Ces médicaments n'ont, dans la plupart des cas, pas de substitut thérapeutique direct et, bien que leurs brevets aient expiré il y a longtemps, il n'existe pas non plus de versions génériques. Aspen a acquis ces médicaments après l'expiration de la protection de leur brevet.

Le BEUC, qui représente les intérêts des consommateurs dans 32 pays européens, est intervenu en qualité de tierce partie dans cette enquête antitrust ouverte en mai 2017 par la commission européenne.  Suite à cette enquête, la société pharmaceutique Aspen s’engage aujourd’hui à diminuer le prix de ces médicaments de 73 % en moyenne en Europe pour les dix prochaines années. "Ces engagements montrent que les prix élevés des médicaments anticancéreux hors brevet sont injustifiés et n'ont pas leur place dans l’Union européenne. Les prix très élevés mettent la vie des patients en danger et causent un grave préjudice financier aux systèmes des soins de santé. Ces engagements profiteront à juste titre aux patients et à la sécurité sociale dès que la Commission européenne les rendra contraignants, sans qu'il y ait des années de querelles juridiques devant les tribunaux", déclare Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test Achats.

Test Achats poursuit sa lutte contre les abus de position dominante

Test Achats poursuit sa lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et opaques des firmes pharmaceutiques et suit de très près les plaintes qu’elle a déposées ces dernières années contre les firmes Roche et Novartis pour leurs médicaments Avastin et Lucentis, contre la firme Biogen pour son médicament Spinraza ou encore contre la firme Leadiant pour son médicament CDCA. L’organisation de consommateurs dénonce de tels abus de position dominante qui mettent en péril la survie de notre système d’assurance maladie.

Accès presse

Pour avoir accès à tous les contenus en tant que journaliste, nous vous demandons de nous envoyer un e-mail.