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Communiqué

Test Achats dénonce le business fumeux du vapotage

27 septembre 2019

Les vapeshops se profilent comme spécialistes par excellence en cigarettes électroniques. Mais le mystery shopping réalisé par Test Achats auprès de 30 vapeshops montre le contraire. Dans 9 magasins, un jeune de 15 ans a pu obtenir sans problème un e-liquid, alors que c’est interdit par la loi. L’information délivrée laissait également à désirer. L’organisation de consommateurs demande une meilleure règlementation de ce nouveau business juteux : une interdiction des arômes pour les e liquids et un renforcement de l’efficacité des contrôles.

 

E-cigarette pas si anodine

Une cigarette électronique n’est pas un produit inoffensif. Elle contient des substances potentiellement nocives. Les effets à long terme sur la santé ne sont pas encore connus. Les informations récentes des autorités américaines au sujet du lien avec maladie pulmonaire et convulsions ne sont pas vraiment rassurantes...

Pas d’efficacité démontrée pour arrêter de fumer

La cigarette électronique aide-t-elle à arrêter de fumer ? Les études sont contradictoires. Une cigarette électronique n’est pas un moyen reconnu pour arrêter de fumer, contrairement aux substituts nicotiniques classiques (patches, gums, comprimer à sucer,...). Ceux-ci sont plus sévèrement régulés, les preuves de leur utilité sont plus nombreuses et ils constituent dès lors le premier choix.

9 magasins sur 30 vendent à des jeunes de 15 ans

Test Achats a voulu vérifier si les vapeshops, qui se profilent comme spécialistes, respectaient bien la loi et délivraient des informations correctes. L’organisation a envoyé des clients mystère dans 30 vapeshops répartis sur tout le territoire belge. L’un des clients mystère était un jeune de 15 ans qui affirmait ne pas fumer lorsque le vendeur l’interrogeait. Ce jeune a pu obtenir une cigarette électronique et/ou un e-liquid sans le moindre problème dans 9 des 30 magasins. Dans 8 magasins, il a même pu obtenir un e-liquid contenant de la nicotine.

Problématique ? Oui, car les jeunes deviennent plus vite accros à la nicotine que les adultes. Et une fois qu’ils le sont, il leur est plus difficile de s’en débarrasser. Vendre des cigarettes électroniques aux moins de 16 ans (18 ans à partir de novembre) est dès lors prohibé à juste titre. Cette interdiction vaut également pour les cigarettes électroniques sans nicotine.

Les réponses aux questions sur la nocivité des cigarettes électroniques et sur leur efficacité en tant que dispositif de sevrage tabagique laissaient également à désirer. Dans 4 magasins sur 30 seulement, les vendeurs ont fourni une réponse de qualité au sujet des risques. Les autres les ont minimisés au moyen d’allégations inexactes, par exemple « ce n’est que de la vapeur d’eau que vous inhalez ». Or, la vapeur inhalée pendant le vapotage est produite après réchauffement du propylène glycol, de glycérol et d’additifs. La vapeur n’est pas du tout la même que celle qui émane d’une bouilloire.

Test-Achats formule plusieurs revendications dont l’interdiction des arômes pour les e liquids

Sur base de ces constats, mais également de l’actualité récente liée aux e cigarettes (décès suspects aux USA, interdiction en Inde, arrivée de Juul en Europe, etc) Test Achats demande que des mesures soient prises. Si la cigarette électronique est censée aider à arrêter de fumer, on voit mal pourquoi plus de 8000 arômes sont aujourd’hui commercialisés. Peut-être parce que le business des cigarettes électroniques appartient à l’industrie du tabac ? Ou comment créer le problème et proposer une (fausse ?) solution ? Test Achats demande l’interdiction de ces arômes, qui visent plutôt à encourager les jeunes à fumer qu’à aider ceux qui souhaitent d’arrêter de fumer. L’organisation de consommateurs a transmis ses trois revendications aux ministres Beke et De Block :

1. Supprimer la distinction entre les cigarettes électroniques avec et sans nicotine tant au niveau de leur composition,emballage et étiquetage qu’au niveau des contrôles effectués par les autorités.

2. Autoriser les inspecteurs du SPF Santé à pratiquer le mystery shopping dans les magasins de tabac et d’e-cigarettes pour renforcer l’efficacité des contrôles.

3. Interdire les arômes.

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