Comment nous testons

Comment nous testons les préservatifs

25 novembre 2021
main de femme enfilant un préservatif sur un tube

Moyennant une utilisation correcte et systématique, le préservatif est le seul moyen de contraception qui protège aussi bien contre une grossesse non désirée que contre les infections sexuellement transmissibles. Nous avons mis 12 préservatifs au banc d’essai et avons testé différents aspects tels que la solidité, l’efficacité et le confort d’utilisation. Découvrez ici comment nous avons procédé.

Pour notre test, nous avons passé au crible 12 modèles populaires de marques célèbres. Les préservatifs testés variaient en termes de catégorie de prix, de matière (latex ou synthétique), de largeur, de forme, d’épaisseur, de texture, de type et de quantité de lubrifiant. Les produits ont été achetés au supermarché, en droguerie ou en (para)pharmacie.
Nous avons procédé en plusieurs étapes. Nous avons testé la qualité et la sécurité des préservatifs, et avons vérifié la présence éventuelle de substances nocives dans un laboratoire spécialisé. Nous avons ensuite analysé les étiquettes. Enfin, nos testeurs, des couples sexuellement actifs, ont utilisé les préservatifs avant de les évaluer sur le plan du confort d’utilisation et de leurs préférences personnelles.

vers notre test de preservatifs

Qualité et sécurité des préservatifs

La qualité des préservatifs a été évaluée selon les normes ISO européennes en vigueur (ISO 4074:2015 pour les préservatifs en latex de caoutchouc naturel et ISO 23409:2011 pour les préservatifs en matières synthétiques). Les tests, effectués dans un laboratoire indépendant et spécialisé, sont identiques aux tests que les fabricants de préservatifs doivent systématiquement effectuer préalablement à la commercialisation de leurs produits. Les tests standard ont été réalisés sur un total de 675 échantillons par modèle de préservatif.

Test d'étanchéité (électrique ou à l'eau)

Les préservatifs ne doivent présenter aucun défaut susceptible de provoquer des fuites. Nous procédons par conséquent à un contrôle des trous microscopiques ou des défauts qui pourraient laisser passer du sperme ou des organismes IST.

Il existe deux possibilités pour procéder au test d’étanchéité. Le test électrique fonctionne sur le principe de la conductivité. Chaque préservatif est automatiquement rempli d'une solution conductrice, puis immergé dans un bain contenant une solution conductrice similaire. Le préservatif lui-même agit comme un isolant qui sépare les deux solutions. S'il y a un trou dans le préservatif, l'isolation est rompue et un courant électrique circule entre la solution du préservatif et la solution du bain.

Le test d’étanchéité à l’eau consiste à suspendre à la verticale des préservatifs remplis d’eau. Le préservatif rempli d’eau est ensuite décroché, l’extrémité est ligaturée, le préservatif est enroulé sur du papier absorbant et contrôlé pour détecter les fuites.

Les tests ont été menés sur 315 échantillons par modèle de préservatif. Pour chaque modèle, deux préservatifs maximum peuvent échouer au test. Si plus de deux préservatifs ne sont pas conformes, le produit est déclaré impropre.

Test de gonflage

Les préservatifs doivent être solides et résistants aux fissures et déchirures. En fonction de la largeur du préservatif, il doit pouvoir supporter une quantité minimale de volume et de pression d’air sans éclater.

Pour réaliser ce test, un certain nombre de préservatifs ont été remplis d’air jusqu'à ce qu'ils explosent. Si le volume et la pression sont trop faibles au moment où le préservatif éclate, nous considérons qu’il n’est pas suffisamment résistant et que son utilisation est risquée.

Les tests ont été menés sur 315 échantillons par modèle de préservatif, avec un seuil acceptable de dix préservatifs non conformes au maximum. Cela signifie que sur 315 préservatifs, dix maximum peuvent échouer au test (à savoir des préservatifs qui se fissurent trop vite par rapport aux valeurs minimales documentées). Si plus de dix préservatifs échouent au test, le produit est déclaré impropre.

Défauts

Tous les préservatifs ont été contrôlés pour détecter les défauts visibles : trous, déchirures, plis persistants... Les emballages des préservatifs ont également été soumis à la même inspection.

Ce test a été réalisé avec le test d’étanchéité, à savoir sur 315 échantillons par modèle de préservatif. 

 

 
Emballage

Une fois le préservatif emballé, l’emballage doit rester scellé jusqu'à l'ouverture par le consommateur.

Dans ce test, nous vérifions si l’emballage est bien fermé et ne présente aucun trou. Pour ce faire, les préservatifs sont placés dans un système de vide pendant une minute, dans un environnement sec ou dans un environnement avec de l’eau. Dans une chambre à vide sèche, l’emballage doit rester gonflé pour réussir le test, et dans le système avec de l’eau, des bulles d’air apparaissent et l'eau pénètre dans l’emballage si celui-ci est troué ou si le scellage est défectueux.

Ce test a été réalisé sur 32 échantillons par modèle de préservatif. Là encore, une marge spécifique de préservatifs non conformes est laissée.

Lubrifiant

Si toutes les marques utilisent du lubrifiant, tous les préservatifs n’en contiennent pas la même quantité. Cette quantité est importante : le préservatif peut se déchirer en cas de quantité insuffisante, alors qu'une quantité excessive peut être moins agréable pour l’utilisateur.

Ce test mesure séparément et dans différentes combinaisons le poids du préservatif emballé, le préservatif avec lubrifiant, le lubrifiant sur le préservatif, le lubrifiant dans l’emballage, le préservatif nettoyé et l’emballage nettoyé. Cette méthode permet de déterminer la quantité exacte de lubrifiant.

Ce test a été réalisé sur 13 échantillons par modèle de préservatif. Les résultats sont purement informatifs, étant donné qu’aucune valeur limite n’est spécifiée dans les normes ISO.

 

Dimensions

Nous avons également mesuré les dimensions des préservatifs (longueur, largeur et épaisseur). La longueur est un critère important selon le point de vue du consommateur. La largeur est un facteur important tant pour le risque de glissement (en cas de préservatif trop grand) que pour le risque de rupture (en cas de préservatif trop petit). L’épaisseur est quant à elle importante pour éviter les fuites et les ruptures de préservatif, alors que le marketing a plutôt tendance à souligner la finesse (« pour de meilleures sensations »).

Pour mesurer la longueur, le préservatif est légèrement étiré et lissé, avant d’être suspendu sur une tige, où la longueur est automatiquement enregistrée par des techniques optiques. La largeur est mesurée lorsque le préservatif est déroulé et mis à plat sur une tige de mesure automatique. L'épaisseur est mesurée en plaçant le préservatif sur une plaque de mesure sous un pied de test. Habituellement, la largeur et l'épaisseur sont mesurées plusieurs fois (par exemple, à l'extrémité fermée, à l'extrémité ouverte et au centre du préservatif) et une moyenne est déterminée.

Ce test a été réalisé sur 13 échantillons par modèle de préservatif. Il existe des limites spécifiques auxquelles les préservatifs doivent satisfaire pour la longueur (≥ 160 mm) et la largeur (une marge de 2 mm dans laquelle la largeur indiquée sur l’emballage peut varier). Pour l’épaisseur, les résultats sont purement informatifs, car les normes ISO ne spécifient aucune valeur limite.

Test utilisateur

Pour notre test utilisateur, nous avons fait appel à 55 couples (de 18 à 65 ans) sexuellement actifs et expérimentés dans l’utilisation du préservatif. Ils ont utilisé les différents produits de notre test pendant trois mois et ont ensuite répondu à un questionnaire détaillé. Les testeurs ont attribué un score général aux produits et indiqué s’ils les achèteraient ou non.

Nous les avons aussi interrogés spécifiquement sur les aspects suivants:

  • Facilité d’ouverture de l’emballage
  • Facilité de mise en place et de retrait du préservatif
  • Ajustement du préservatif
  • Expérience et confort d'utilisation du préservatif
  • Odeur
  • Texture
  • Solidité
  • Quantité de lubrifiant
 

Analyse des composants

Certaines directives en matière de préservatif stipulent que «les préservatifs ne doivent pas contenir ni dégager de substances dans des quantités pouvant être toxiques, provoquer des allergies ou des irritations locales ou porter autrement préjudice à l’utilisateur dans des conditions normales d’utilisation».

Il n’existe malheureusement pas de limites ou de valeurs indicatives pour ces substances dans le cas des préservatifs. Nous avons tout de même procédé à une vérification dans un laboratoire spécialisé afin de détecter la présence éventuelle de substances nocives telles que phénols, plastifiants (par ex. phtalates), N-nitrosamines, allergènes du latex, etc.

Même si jusqu'à présent, nous n’avons pas la preuve que l’exposition à de telles substances par le biais de l’utilisation des préservatifs puisse nuire à la santé, par précaution, nous avons octroyé un score légèrement inférieur aux produits qui en contiennent.

Analyse de l’étiquette

Nous avons ensuite examiné l’emballage. Nous nous sommes intéressés aussi bien à l’emballage individuel des préservatifs qu'à la boîte et à la notice d’utilisation (éventuelle).

Nous avons prêté attention à la présence de certains éléments, également mentionnés dans les normes ISO :

 
Consulter la liste complète ici:
  • Coordonnées du fabricant ou distributeur
  • Informations dans l’une des langues officielles du pays
  • Numéro de lot
  • Date de péremption
  • Marquage CE
  • Description complète du préservatif (forme, texture, couleur, odeur, lubrifiant, etc.)
  • Nombre de préservatifs dans l’emballage
  • Largeur nominale
  • Mention (ou symbole) indiquant de conserver les préservatifs au frais, au sec et à l’abri de la lumière
  • Pour les préservatifs en latex, mention indiquant que le préservatif est fabriqué en latex de caoutchouc naturel, ce qui peut provoquer des réactions allergiques (entre autres un choc anaphylactique) si l’utilisateur est allergique au latex ou, pour les préservatifs synthétiques, mention du type de substance synthétique et des éventuelles réactions allergiques.
  • Mention (ou symbole) indiquant que le préservatif est conçu exclusivement pour un usage unique
  • Mention (ou symbole) invitant à lire la notice d’utilisation au préalable
  • Informations complémentaires sur l’utilisation du préservatif (par ex. ouvrir délicatement, quand et comment le mettre en place et le retirer, conseils sur l’utilisation simultanée de lubrifiants et de médicaments à usage local, conseils sur l’élimination des préservatifs usagés, etc.)
  • Informations complémentaires sur les avertissements (par ex. en cas de fuite ou de rupture du préservatif, consulter un médecin dans les 72 heures)
  • Mention de la date d’émission ou de la date de dernière révision de la notice d'utilisation
  • Mention des normes ISO applicables

En notre qualité d'organisme de protection des consommateurs, nous avons par ailleurs vérifié certains aspects complémentaires qui nous paraissent importants:

  • Mention «aucun moyen de contraception n’est efficace à 100 %»
  • Nature du lubrifiant utilisé
  • Mention précisant que le préservatif est éventuellement moins adapté à un usage oral ou anal et mesures de précaution éventuelles à cet égard
  • Présence d’allégations infondées ou trompeuses telles que «testé dermatologiquement».
 

Score final

Pour calculer le score final sur 100, nous avons accordé un poids plus important à certains critères que nous jugions plus essentiels. C’est le cas de la qualité et de la sécurité des préservatifs (55 %), deux critères pour lesquels le test d’étanchéité et le test de gonflage confondus comptaient pour la moitié du score. L’évaluation des testeurs lors du test utilisateur comptait pour 25 %. L’analyse des substances chimiques et l’exactitude de l’étiquetage ont chacune compté pour 10 %.