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La plupart des baumes à lèvres sont potentiellement nocifs

29 janvier 2019

29 janvier 2019
Un test de baumes à lèvres, destinés aux enfants et jeunes adolescents, a révélé que la plupart des sticks contiennent des substances potentiellement nocives issues d'huiles minérales. Nous interpellons la Ministre de la Santé Publique.

Des baumes à lèvres de couleur vive, rose le plus souvent, aux arômes de “chupachups”, de coca, de fanta et de vanille, dans des emballages au nom de Princesse Disney, Hello Kitty ou Minions: on les trouve partout et ils sont clairement destinés aux enfants et jeunes adolescents. Nous avons testé 21 de ces produits.

A la chasse au MOSH et MOAH

L’enquête s’est particulièrement attachée à déceler des hydrocarbures saturés (Mineral Oil Saturated Hydrocarbons ou MOSH) et aromatiques (Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons ou MOAH), des substances issues d’huiles minérales, qu’on avait déjà retrouvées dans des baumes à lèvres pour adultes. Les MOAH sont suspectés d’être cancérogènes. Quant aux MOSH, ils risquent de s’accumuler dans les organes, ce qui pourrait provoquer des tumeurs (bénignes) dans les ganglions lymphatiques, le foie et la rate. La présence de ces substances n’est mentionnée ni sur l’emballage, ni dans la liste des ingrédients, ce qui ne facilite pas le choix du consommateur.

 

  

La plupart des baumes sont recalés

Seuls trois baumes à lèves ne contiennent pas de MOSH ni de MOAH ! Les analyses en laboratoire montrent que pas moins de 15 des 21 baumes à lèvres dont le marketing cible particulièrement les enfants et les jeunes adolescents contiennent des MOSH et/ou des MOAH. Douze produits contiennent à la fois des MOAH et des MOSH. Parmi eux, on trouve notamment les marques Princesse Disney, Hello Kitty et Minions. Labellino, de la marque très populaire Labello, a également sa place sur la liste noire. Deux baumes, Blistex et Laino, contiennent encore, outre ces substances potentiellement nocives, des substances identifiées comme perturbateurs endocriniens potentiels. 

Les résultats sont surtout problématiques parce que les substances de ces baumes à lèvres sont ingérés via la bouche, surtout s'ils ont des arômes de friandises. Ce risque n'existe pas pour les autres produits qui contiennent des MOSH et des MOAH, comme les lotions et les crèmes solaires.

Curieux de découvrir les résultats de notre test? Vous les trouverez dans notre comparateur baumes à lèvres

Des normes plus strictes

L’absence, à l’heure actuelle, de normes européennes de sécurité claires sur la présence de MOSH et de MOAH dans les baumes à lèvres pose problème. Nous réclamons des normes limitant la présence de telles substances, sur base d’études scientifiques. Nous suivons dès lors les recommandations de certaines instances comme Cosmetics Europe et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et réclamons davantage de recherches.

Sur base de notre propre enquête et d'études scientifiques, nous réclamons des normes sévères quant à l'utilisation de MOSH et de MOAH. Nous interpellons, comme après notre précédente enquête sur les baumes à lèvres de 2017, le SPF Santé Publique et la Ministre de la Santé Publique, Maggie De Block, et insistons pour qu'une rencontre soit organisée.