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Allergies alimentaires : une étiquette d’importance vitale

29 juil. 2013
Bien que l'étiquetage correct des denrées alimentaires revête une importance vitale pour les personnes allergiques, il reste de nombreux efforts à faire, tant au niveau des fabricants que de la législation. Certes, les ingrédients allergènes sont déjà mieux indiqués sur les étiquettes alimentaires, mais qu'en est-il en cas de contact involontaire entre les aliments et des substances allergéniques ? Les risques de contamination croisée de ce type ne sont pas toujours correctement estimés ni indiqués sur l'emballage, comme le révèle une nouvelle enquête de Test-Achats publiée dans Test Santé. 61 des 85 étiquettes analysées comportaient bien un avertissement contre la contamination croisée mais l'organisation de défense des consommateurs estime qu'il s'agit trop souvent d'une solution de facilité. Dans cinq cas seulement, le fabricant avait calculé le risque réellement encouru par les consommateurs allergiques. Par ailleurs, l'absence de mise en garde contre une telle contamination croisée sur l'étiquette ne garantit pas qu'il n'existe aucun risque, insiste Test-Achats.  En effet, l'étiquetage des contaminations croisées ne fait toujours l'objet d'aucune obligation légale.

Le consommateur allergique à certains aliments est habitué à lire en détail les étiquettes des denrées alimentaires. Si l’on trouve souvent sur l'emballage une mention indiquant qu'un produit contient des allergènes, cela semble moins évident pour les contaminations croisées potentielles, c’est-à-dire lorsque le produit entre accidentellement en contact avec ces ingrédients au cours du processus de production. Et bien qu’une telle mention figure sur la plupart des emballages, c'est généralement parce que le fabricant veut se couvrir et non parce qu'il a réellement constaté l'existence d'un risque. Or, ces avertissements "superflus" inciteront certaines personnes allergiques à éviter divers produits – sans que ce soit nécessaire – car même des traces d'allergènes peuvent déclencher certains symptômes, voire s'avérer dangereuses dans certains cas exceptionnels. De surcroît, l'absence de mise en garde ne garantit pas que le produit est parfaitement sûr, car il n'est pas légalement obligatoire d'indiquer les contaminations croisées sur l'étiquette. Bref, que l’étiquette porte ou non un avertissement, les personnes allergiques peuvent difficilement s’y fier…

Qui dit avertissement ne dit pas nécessairement risque réel

La législation n'édicte toujours aucune règle relative aux mentions des contaminations croisées potentielles, ce qui rend l'interprétation des étiquettes extrêmement difficile, voire impossible pour le consommateur. En effet, les mentions telles que "peut contenir des traces de…" et "fabriqué dans une usine qui fabrique également des produits à base de…" n'impliquent pas toujours un risque réel, comme il ressort d'une nouvelle étude de Test-Achats.

L'organisation de défense des consommateurs a analysé les étiquettes de 85 aliments, parmi lesquels des biscuits, des soupes lyophilisées et des sauces, et a trouvé une mise en garde contre les contaminations croisées sur près de trois quarts d'entre elles (61). Or, cinq fabricants seulement ont indiqué avoir calculé le risque réel auquel étaient exposés les consommateurs allergiques. Lorsqu'il est fait état d'une contamination croisée, cette mention repose généralement sur le fait que certains allergènes sont présents sur le site de production et non sur un risque réellement établi. Cela signifie que dans la majorité des autres cas, il est possible que le risque puisse être maîtrisé, mais le fabricant privilégie une solution de facilité au lieu de prendre des mesures supplémentaires.

Dans un cas, (des gaufrettes de type « Cent Wafers ») une contamination croisée potentielle avec des cacahuètes est signalée, mais en néerlandais, il est question de « noix », ce qui pourrait être fatal aux personnes souffrant d’une allergie grave.

Aucune obligation légale, donc aucune garantie

Test-Achats insiste cependant sur le fait que l'absence de mise en garde contre les contaminations croisées ne garantit pas l'absence absolue de risques. Peut-être le fabricant s'est-il réellement efforcé d’éviter les contaminations croisées et peut-être s'agit-il effectivement d'un produit "sûr", mais il se pourrait tout autant que le fabricant ne mentionne pas le risque sur l'étiquette parce que la loi ne l'y oblige pas. A la question de savoir pourquoi aucun avertissement ne figurait sur certains produits, la plupart des fabricants ont répondu qu'il n'existait pas de risque (réel) : il n'y avait pas d'allergènes sur le lieu de production ou le risque existant était maîtrisé.

Mais dans un cas précis, aucune mise en garde n'a été affichée sur l'étiquette parce que, selon les dires mêmes du fabricant, "il n'y avait pas assez de place sur l'emballage". Depuis, ce fabricant a promis d'adapter les mentions sur tous ses emballages. Mais cela met cruellement en évidence le fouillis que représente parfois une étiquette alimentaire, la confusion qu’elle peut entraîner dans l'esprit des consommateurs allergiques et la nécessité urgente de prendre des mesures légales pour réglementer l'étiquetage des contaminations croisées. En effet, les fabricants n'appliquent pas tous les règles de la même manière, de sorte que les informations relatives aux allergènes deviennent peu fiables et inutilisables.