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Eau de distribution : sûre et saine mais à des prix différents et en constante augmentation...

25 janv. 2013

L’eau de distribution est non seulement de 50 à 200 fois moins chère que l’eau en bouteille : elle est aussi sûre, saine et bonne à boire. Dans sa dernière analyse de l’eau de distribution, Test-Achats n’a trouvé ni pesticides, ni quantités excessives de nitrates, ni traces de « nouveaux » polluants tels qu’hormones et résidus d’antibiotiques ou d’autres médicaments. Cette pureté a un coût, auquel le consommateur contribue. La loi oblige en effet les compagnies des eaux à répercuter sur lui les frais de captage, d’assainissement et de distribution de l’eau et de protection des sources. L’enquête de l’association de défense des consommateurs montre clairement que les Belges ne paient pas tous le même prix. Les Bruxellois paient en moyenne la facture d’eau la moins chère devant les Flamands et les Wallons, assez loin derrière, qui paient leur facture 9% plus chère que la moyenne nationale. Au niveau de la région wallonne, on note des différences de prix de près de 120% entre la compagnie la moins chère et la plus chère. Enfin, la facture moyenne du Belge a augmenté de près de 44% entre 2005 et 2012, principalement à cause de la répercussion sur le consommateur du coût-vérité et, essentiellement, des coûts d’assainissement.

Légendes urbaines sur la qualité ?

Les histoires de conduites d’eau qui contiennent de la cocaïne à Anvers, Bruxelles et Charleroi, ou de poissons qui se féminisent en raison d’une trop forte concentration d’œstrogènes – provenant des contraceptifs – dans les eaux de surface… Tout cela ne donne pas vraiment envie de boire de l’eau du robinet. Pourtant, il n’y a pas vraiment raison de s’inquiéter : tous les échantillons d’eau que Test-Achats a soumis à une analyse approfondie sont satisfaisants.

40 échantillons contrôlés

Test-Achats a analysé 40 échantillons d’eau de distribution provenant des quatre coins du pays. La présence de certains polluants a été contrôlée. L’association de défense des consommateurs ne s’est pas seulement intéressée aux anciens polluants bien connus, comme les nitrates et les pesticides (18 au total), mais aussi à ce que l’on appelle les nouveaux polluants, tels que les résidus d’antibiotiques (6), les hormones (10) et les résidus de médicaments (26). Cette dernière catégorie ne fait pas encore l’objet de normes légales au niveau national ou européen. Test-Achats a dès lors évalué leur présence pour autant qu’elle soit mesurable. En revanche, pour les pesticides et les nitrates, il existe des normes légales, à savoir 0,1 µg/l et 50 mg/l, respectivement.

Pas de quoi s’inquiéter

À l’issue d’une analyse approfondie, Test-Achats est arrivée à la conclusion que le consommateur belge peut boire l’eau du robinet le cœur léger. Tous les échantillons sont satisfaisants. Test-Achats a néanmoins trouvé une concentration un peu trop forte de nitrates (> 25 mg/l) dans huit échantillons, ce qui indique que ces substances se retrouvent dans l’eau sous l’effet de l’homme. Les nitrates sont naturellement présents dans l’environnement : dans l’eau, les concentrations doivent être inférieures à 25 mg/l. Quoi qu’il en soit, la teneur en nitrates des échantillons d’eau de distribution reste inférieure au seuil légal de 50 mg/l : pas de quoi s’inquiéter, donc.

Les Belges ne sont pas égaux devant leur facture d’eau

En moyenne, une personne consomme 100 litres d’eau potable par jour. Sur une base annuelle, cela revient à 36,5 m³ d’eau du robinet. Une famille de trois personnes paie en moyenne 383,39 € par an pour 100 m³, soit 1,05 € par jour. « En moyenne », car les Belges ne sont pas égaux devant leur facture d’eau. Ainsi, c’est le Bruxellois qui paie le moins cher son eau de distribution. Le prix moyen pour 100 m³ par an s’élève à 322,90 € dans sa région, alors qu’un Flamand paie en moyenne 371,07 € et un Wallon, 417,77 €.

Les prix varient aussi fortement d’une commune à l’autre. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les écarts de prix entre les communes sont les moins prononcés : à Bruxelles-Ville, les habitants paient 315,62 € pour 100 m³, contre 328,24 € à Anderlecht, Ixelles et Molenbeek.

Entre les communes flamandes de Ranst et de Steenokkerzeel (sans les communes fusionnées de Melsbroek et de Perk), la différence va jusqu’à 54,70 % : à Ranst, le prix moyen s’élève à 276,25 €, tandis que les habitants de Steenokkerzeel paient 427,23 €.
En Wallonie, on constate même une différence de 119,40 % (237,93 €) entre les communes les plus chères et les moins chères – Manhay et les localités desservies par la compagnie des eaux Cile (région liégeoise). Les habitants de Manhay ne paient que 199,25 € par an en moyenne pour 100 m³ parce que la commune se charge elle-même de l’assainissement de ses eaux et qu’elle ne doit donc pas répercuter les coûts sur les consommateurs.

Un coût en augmentation même si les contrôles restent nécessaires

Les différences de prix s’expliquent en partie par la source utilisée, le type d’eau (a-t-elle dû subir beaucoup de traitements, par exemple ?) et les opérations d’assainissement, que les compagnies des eaux doivent répercuter sur les utilisateurs finaux. Du reste, cette répercussion des coûts de production, de livraison, d’évacuation et d’assainissement de l’eau potable, qui est imposée par la loi, a entraîné une augmentation considérable des prix.
En moyenne, le prix de l’eau est en constante augmentation depuis quelques années, soit une hausse « nationale » de 44% entre 2005 et 2012. Pour la Région wallonne, cela se traduit par une hausse de 45%, étant donné l’augmentation de 141% des coûts d’assainissement .

D’après l’Europe, cela devrait permettre aux compagnies de maintenir la qualité de l’eau potable. Bien que cette qualité soit actuellement très bonne, Test-Achats demande de continuer à analyser minutieusement l’eau, sans oublier les nouveaux polluants. Par ailleurs, il serait utile de poursuivre les recherches scientifiques sur les conséquences de la présence de ces polluants dans l’eau. L’association de défense des consommateurs lance également un appel aux autorités : elles devraient définir des normes pour les nouveaux polluants dans les eaux de surface et l’eau potable. Test-Achats continuera à contrôler l’eau de distribution à l’avenir.