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Enquête chez les kinés: entre thérapie et bien-être

27 septembre 2016
kinésithérapeute

27 septembre 2016
Nous nous sommes rendus incognito chez 30 kinés. Dans de nombreux cas, nous avons été insuffisamment interrogés lors de la consultation. Et pour le même mal, les traitements les plus divers ont été proposés. Un test qui montre la grande nécessité d’un contrôle de qualité.

Nos enquêtrices sont arrivées, chez 30 kinésithérapeutes, avec une douleur à la nuque et une prescription pour 9 séances de kiné.

Analyse préalable insuffisante

Dans près de la moitié des cas, trop peu de questions ont été posées. Un cinquième des kinés n’ont pas passé en revue les possibles sources du mal. La majorité a tout de même vérifié un certain nombre de “red flags”, c’est à dire les symptômes d’affections spécifiques qu’il convient d’exclure au préalable.

Traitements en tout genre

L’absence de directives pour le traitement d’une douleur à la nuque se ressent dans l’incroyable variété des traitements utilisés: mobilisation, manipulation, thérapie des points de pression, traction, électrothérapie, massage, thérapie par la chaleur, andullation, réflexologie plantaire...

Seules quelques-unes de ces thérapies ont une efficacité prouvée par des études fiables. Le meilleur traitement aux effets les plus prouvés, soit des exercices combinés à la mobilisation ou des craquements, n’a été proposé que par 8 kinés sur 30.

Traitements de confort en abondance

Beaucoup de temps a été consacré à des traitements diminuant provisoirement la douleur. Dans 27 cas sur 30, les enquêtrices se sont fait masser la nuque.

La question est de savoir si des séances de kiné axées exclusivement sur ce type de traitement de bien-être ou sur des méthodes alternatives dont l’efficacité n’a pas été démontrée de manière approfondie doivent être subsidiées par la sécurité sociale.

Premiers pas vers un label de qualité

Notre test ne permet pas de tirer des conclusions générales, mais montre la nécessité d’une formation mieux organisée et davantage de contrôles quant aux traitements adaptés.

L’organisme Pro-Q-Kine a conçu un registre national des kinésithérapeutes qui répondent à des critères qualitatifs applicables à l’organisation des soins et à la formation. Ce registre est subsidié par les autorités. Des fonds ont aussi été libérés pour le développement d’une ligne de conduite pour le secteur.

Mais l’affaire n’est pas close pour autant. Nous poussons les autorités à instaurer:

  • Des directives pour toutes les affections
  • Une formation continue obligatoire
  • Un système pour mesurer la qualité des soins fournis
Et nous continuons à marteler la nécessité d’afficher le statut (conventionné ou non), une obligation que seulement 6 des 30 kinés visités ont observée.

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