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Plus de suppléments pour des analyses en laboratoire !

03 février 2022

Seuls les collaborateurs de laboratoire non conventionnés peuvent facturer des suppléments, et il s'avère que ce sont justement eux qui semblent effectuer quatre à cinq fois plus d’analyses que leurs collègues conventionnés. C’est ce qui ressort d’une enquête menée conjointement avec Solidaris. Nous demandons la suppression de ces suppléments.

Lorsqu’un médecin (traitant) souhaite faire analyser un échantillon, le patient n’a aucune prise sur le laboratoire et encore moins sur la personne qui procédera à l’analyse. Il n’en prend souvent connaissance qu’au moment de recevoir la facture. Toutefois, tout le monde ne peut pas facturer de supplément. Ce droit est réservé aux collaborateurs de laboratoire non conventionnés. Il est donc possible que, pour une même analyse, un patient doive payer un supplément alors que ce ne sera pas le cas pour un autre, et ce, même s'il s'agit du même labo. Les laboratoires semblent faire preuve d’une grande créativité pour jongler avec cette règle... 

12 laboratoires sous la loupe

Nous avons demandé à Solidaris de vérifier combien de suppléments payent leurs membres. Pour l’année 2019, ce montant s’élevait à pas moins de 2,5 millions. En se basant sur une grossière estimation, cela représente un montant entre 7,9 et 8,6 millions d’euros pour l’ensemble de la population. La majorité de ces suppléments a été facturée par 12 laboratoires privés. Le plus frappant est qu’au cours de l’année 2019, les collaborateurs non conventionnés de ces labos ont fourni quatre à cinq fois plus de prestations que leurs collègues conventionnés. Une telle disproportion soulève tout de même bien des questions.

CONSULTEZ LES RESULTATS

Les labos n’ont pas le droit de facturer un supplément pour les analyses COVID. En 2020, les collaborateurs conventionnés ont fourni environ deux fois plus de prestations pour ce type d’analyse que leurs collègues non conventionnés. Cette donnée tend également à confirmer le soupçon que certains labo ne respectent pas le principe du « qui preste, facture » comme il se doit. Il semblerait bien qu’ils apposent plutôt les noms sur les factures en fonction du degré de ce qui leur est le plus profitable.

Les suppléments restent monnaie courante

Depuis 2017, de tels suppléments ne peuvent d’ailleurs plus être facturés que lorsque le patient en a été informé au préalable et a marqué son accord. Il aurait par conséquent été logique que ces suppléments aient fini par disparaître. Qui voudrait volontairement payer plus pour une même analyse ? Pourtant, ils sont toujours monnaie courante.

Qu’une telle chose continue à passer sous le radar est sans doute dû au fait qu’il s’agit de montants relativement bas qui n’éveillent aucune suspicion chez le patient : souvent entre 1 et 6 euros au-dessus du ticket modérateur, selon l’analyse de Solidaris. Tous ces petits montants finissent toutefois par représenter un gain appréciable pour les laboratoires.

Demandez dès lors à ce que soit noté dans votre dossier médical que vous souhaitez que vos analyses ne soient effectuées que par des collaborateurs conventionnés. Si votre facture comporte malgré tout un supplément dont vous n’aviez pas été informé, n’hésitez pas à contacter le laboratoire. Signalez clairement que vous n’aviez pas marqué votre accord à ce sujet et que ces suppléments sont dès lors illégaux.

Éliminons les suppléments

Avec Solidaris, nous appelons le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke, à éliminer purement et simplement ces suppléments. Il s’agit après tout de prestataires de soins que le patient ne choisit pas lui-même et avec qui il n'a aucun contact. Par ailleurs, ces laboratoires sont loin d’être sous-financés. Ils sont déjà largement payés par l’assurance maladie et représentent un business lucratif affichant des marges bénéficiaires de l’ordre de 20 % à 30 %. Bien que les suppléments soient interdits pour les analyses COVID, la pandémie a tout de même entraîné une belle augmentation du chiffre d’affaires des laboratoires : environ + 20 % entre 2019 et 2020.