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Le remboursement de médicaments coûteux comme Kymriah menace l'assurance maladie

29 mai 2019

29 mai 2019
La ministre De Block a décidé de rembourser le traitement expérimental coûteux Kymriah. La société Novartis demande pas moins de 320 000 € pour le traitement d'un patient. Les prix ahurissants de l’industrie pharmaceutique et le laxisme de De Block menacent notre assurance maladie.

Juste avant les élections, la ministre de la Santé, De Block, a annoncé le remboursement de Kymriah (CAR-T), une nouvelle thérapie génique expérimentale pour le traitement de divers types de cancers du sang. Cependant, le prix pratiqué par la firme pour ce médicament est plus qu’excessif. Nous ne connaissons pas le prix exact pour notre pays, mais selon les documents officiels des Pays-Bas, Novartis ne demande pas moins de 320 000€ pour le traitement d'un patient. En outre, leur administration coûterait 36 000€ supplémentaires par patient. Le remboursement d'une telle thérapie exerce une pression incroyable sur le budget de la santé belge.

La sécurité sociale titube

Bien que nous soyons heureux pour les patients qui pourraient éventuellement bénéficier de ce médicament et de son remboursement, nous avons des questions pressantes (et toujours sans réponse) pour le ministre De Block. Comment notre assurance maladie peut-elle financer cette dépense supplémentaire de plusieurs (dizaines de) millions d'euros?

Il y a moins d’un mois, la Mutualité chrétienne a fait état d’un dépassement budgétaire de 392 millions d’euros sur le budget des médicaments en 2018. Au cours des quatre dernières années, plus d’un milliard d’euros de plus que prévu ont été dépensés en médicaments. Et tout cela alors que les ressources sont insuffisantes pour assurer un remboursement adéquat des besoins importants du citoyen tels que les verres de lunettes, les soins dentaires, les soins psychologiques, etc.

Strictement confidentiel 

Comme souvent avec les nouveaux médicaments, le remboursement de Kymriah a été négocié à huis clos. Donc, bien que nous payions tous pour ce médicament, le contribuable ne peut pas savoir exactement combien. C'est inacceptable dans une démocratie. Sous la politique de la ministre De Block, ces négociations secrètes se sont transformées en un système parallèle de remboursement non transparent. De plus, ce système de remises secrètes favorise les entreprises qui tentent d’obtenir le meilleur prix possible dans chaque pays. 

À la mi-2015, la ministre a signé un pacte avec l'industrie pharmaceutique dans lequel elle a annoncé la création d'un groupe de travail sur "la transparence du coût des médicaments". Un groupe de travail sans résultat, malheureusement. L'industrie pharmaceutique motivent bien de ses prix exubérants par des coûts supposés élevés pour la recherche et le développement, mais personne ne connaît les investissements réels. Ce qui est certain, c’est que beaucoup d’argent public a également été consacré au développement de la technologie à la base de cette nouvelle thérapie.

Bombe à retardement

La politique de la ministre De Block est une bombe à retardement dans le cadre de notre politique d'assurance maladie solidaire. Le remboursement de nos soins de santé deviendra intolérable. Nous tirons la sonnette d’alarme depuis quelque temps.

L'année dernière, nous avons organisé un symposium avec Médecins du Monde et Kom op Tegen Kanker. Nous avons formulé diverses recommandations politiques visant à résoudre le problème croissant de l'accessibilité financière des médicaments. Certaines de ces recommandations sont actuellement examinées par l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale de la Santé à la suite d’une résolution présentée par l’Italie pour accroître la transparence dans le secteur pharmaceutique.

Nous voulons que les gouvernements nationaux reçoivent les informations dont elles ont besoin pour prendre des décisions responsables sur le prix d’un médicament et sur son remboursement. Avec Test Achats, 9 autres organisations ont récemment insisté auprès de la ministre De Block pour qu’elle soutienne sans délai cette résolution.

Lisez notre dossier sur les médicaments à prix abordables