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Davantage de moyens pour l’aide psychologique s.v.p.

12 avril 2019

12 avril 2019

L’aide psychologique a un coût! Il s’agit pourtant, comme le soulignent les experts, d'un investissement largement amorti. Voilà pourquoi ils plaident, dans une lettre ouverte, pour davantage de moyens alloués aux soins de santé psychologique. On est pour!

En Angleterre, le National Health Service (NHS) propose depuis plusieurs années déjà un accompagnement psychologique scientifiquement étayé à des patients atteints de problèmes psychologiques fréquents comme la dépression ou l’anxiété. Un accompagnement qui est couvert par l’assurance-maladie...

Trop cher pour la société? Pas d'après le Prof. David Clark de l’Université d’Oxford, qui a examiné à la loupe les résultats ainsi que le coût de ce projet. Durant une conférence organisée récemment à la KU Leuven, ce dernier a déclaré qu'à terme, grâce à cette initiative, le gouvernement anglais économisait plus qu’il ne dépensait. Entre autres parce que les personnes atteintes de troubles psychiques redeviennent productives et que les coûts médicaux sont réduits. 

Le remboursement de l’aide psychologique peut également générer des économies dans notre pays, affirment les experts belges, parmi lesquels Lieven Annemans, Professeur en économie de la santé. Dans une lettre ouverte adressée aux politiciens qui prendront part aux prochaines négociations gouvernementales, d’aucuns plaident en faveur de davantage de moyens pour des soins de santé psychique mieux organisés. Nous y sommes favorables et avons également apposé notre signature.

Trop peu de moyens pour les soins de santé psychique

Dans notre pays, il y a trop peu de moyens alloués aux soins de santé psychique. L’OCDE (Organisation de collaboration et de développement économiques) préconise d'y consacrer au minimum 10 % du budget total de la santé. Pourtant notre pays plafonne à 6 %, a-t-on récemment pu entendre lors des Etats-Généraux de la Santé Mentale...

Maggie De Block, Ministre de la Santé Publique, a certes fait quelques pas dans la bonne direction. Elle a ainsi débloqué un budget pour le remboursement de séances auprès d’un "psychologue de première ligne" pour le traitement de troubles psychiques légers et modérés. Un budget malheureusement nettement insuffisant: 22,5 €  millions seulement. A titre de comparaison: les dépenses en antidépresseurs sont près de quatre fois plus élevées. Alors que tous les patients prenant des antidépresseurs n’en ont pas forcément besoin... 

Nous avons déjà consacré un article à ce sujet par le passé (Remboursement des séances chez le psychologue: état des lieux). Qui plus est, actuellement, les psychologues de première ligne à qui vous pouvez vous adresser ne sont pas encore légion... 

Davantage de moyens sont nécessaires pour mieux organiser les soins de santé mentale. Et "aide" ne doit pas forcément rimer avec une thérapie one-to-one. Parmi les possibilités, figurent également les interventions en groupe ou les programmes d’auto-assistance. 

En s’appuyant sur des "données probantes"

Les soins psychiques doivent naturellement être scientifiquement étayés. La lettre ouverte indique que les directives basées sur des données probantes doivent occuper un rôle plus central. Un plaidoyer que nous menons depuis des années déjà pour les soins de santé en général.

Une personne atteinte de troubles psychologiques doit tout d’abord pouvoir accéder à des interventions dont l’efficacité a été maintes fois prouvée. Pour l’anxiété par exemple, il s’agit de l’exposure (exposition progressive aux stimuli qui provoquent l’anxiété). Dans le cas de la dépression, il peut s’agir d’une thérapie psychodynamique de courte durée. Contrairement à ce que vous pensez peut-être, les antidépresseurs ne constituent pas un traitement de premier choix pour les formes les plus modérées de dépression.

Le projet mené en Angleterre prouve que les traitements basés sur des données probantes en matière de santé mentale ne sont pas un scénario irréaliste.

Les experts de la discipline sont dès lors demandeurs de davantage de moyens pour la recherche scientifique. Par exemple, pour déterminer dans quelles interventions, dans quelles circonstances et pour quel type de patient ces traitements sont les plus efficaces. De telles approches ne peuvent rendre les traitement que plus efficaces. 

Des questions? Des expériences à partager?

Vous avez une question sur la santé mentale ou sur les soins psychologiques? Ou une expérience que vous aimeriez partager?   

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