News

Coudées franches pour les cliniques privées: combien de temps encore?

02 juillet 2014
coudées franches cliniques privées

02 juillet 2014

Le Centre Fédéral d’Expertise pour les Soins de Santé demande l’instauration d’un cadre légal pour les centres privés d’ophtalmologie, tout comme nous l’avons déjà fait par le passé. Actuellement, il n’existe en effet aucun contrôle officiel sur la sécurité et la qualité des soins dans les cliniques privées.

Toutes les interventions ne sont pas effectuées dans l’enceinte des hôpitaux. Ainsi, de nombreux patients optent-ils pour un traitement laser contre la myopie ou une implantation d’une nouvelle lentille dans un centre d’ophtalmologie spécialisé, un marché en plein essor. Les pouvoirs publics n’ont toutefois que peu de vue sur la sécurité et la qualité des soins dans de telles cliniques privées; ces centres ne sont en effet nullement tenus de se faire agréer de manière officielle! Dans une nouvelle étude, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) publie dès lors quelques recommandations sur les cliniques privées, lesquelles présentent de nombreuses similitudes avec nos propres exigences: un cadre légal avec processus d’agrément obligatoire, des contrôles qualité officiels et la transparence des résultats.

Soins de santé à deux vitesses

Par ailleurs, le KCE est également préoccupé par le passage de nombreux praticiens des hôpitaux généraux vers le secteur privé, et les listes d’attente qui en résultent. Notre propre enquête a en effet mis en lumière qu’un patient doit attendre moins longtemps un rendez-vous dans les centres d’ophtalmologie spécialisés: nous avons enregistré un délai d’attente moyen de 29 jours, pour 61 jours dans les hôpitaux généraux. Dans 10 % des hôpitaux, les patients ont d’ailleurs été immédiatement redirigés vers une clinique privée.

Cela nous fait craindre un système de soins de santé à deux vitesses, dans lequel les cliniques privées, plus chères, supplantent les hôpitaux classiques, où les patients plus nantis sont plus rapidement soignés que les populations fragilisées.

Coût transparent

Enfin, le KCE demande que les cliniques d’ophtalmologie informent les patients de manière suffisante, principalement au sujet des coûts, de façon à ce qu’ils puissent effectuer un choix réfléchi. Notre enquête a mis en lumière que les tarifs manquaient encore trop souvent de transparence, tant dans les cliniques privées que dans les hôpitaux généraux, de sorte que nous ne pouvons que soutenir cette exigence.


Imprimer Envoyer par e-mail