L'alimentation et la santé sous la loupe de logo TA
Dossier

Alcoolisme: Médicament et alcool, tous les dangers

03 février 2020
alcool-et-sante

Est-il strictement interdit de boire un verre si l’on suit un traitement médicamenteux? Quels sont les mélanges entre alcool et médicaments les plus dangereux? On vous en dit plus sur ces cocktails plus ou moins risqués.

Médicament et alcool, tous les dangers

Même si l’on sait que l’on ne devrait normalement pas mélanger alcool et médicaments, il peut arriver que l’on soit tenté par un petit verre lors d’une fête chez des amis ou d’un apéro en famille. Est-ce si grave? Quels en sont les méfaits et les effets secondaires? Focus sur un dilemme fréquent et les risques encourus.

Lorsqu’on prend des médicaments, il est recommandé de ne pas boire d’alcool. Toutefois, si vous buvez un ou deux verres de vin ou de bière (maximum par jour), les effets potentiels sur la santé sont à nuancer. Evidemment, l’abus d’alcool nuit à la santé et les interactions avec des médicaments risquent dans ce cas d’être plus fortes, constituant alors un réel danger.

Peu d’effets avec les anticoagulants

Les anticoagulants empêchent la coagulation du sang et, par conséquent, la formation de caillots. Pas de problème si votre consommation d’alcool reste modérée, mais si vous buvez plus que de raison, ne fût-ce qu’une seule fois, le risque est réel. Une quantité excessive peut renforcer l’action anticoagulante, entraînant un risque accru de saignement. Exemples de médicaments concernés: warfarine (Marevan), fenprocoumon (Marcoumar), acénocoumarol (Sintrom).

Pas de réaction avec les aspirines, analgésiques et anti-inflammatoires

Les anti-inflammatoires tels que Voltaren, Feldene, Brufen et Nurofen provoquent parfois des saignements gastriques et des ulcères de l’estomac. Le même constat s’applique à l’acide acétylsalicylique (ex. : Aspirine Bayer, Sedergine, Aspegic). Le risque d’interaction avec l’alcool reste limité, à condition de boire moins de trois verres par jour.

Idem si vous prenez des analgésiques à base de paracétamol, pour autant que vous ne dépassiez pas la dose journalière maximale - 4 grammes de paracétamol (soit 8 comprimés de 500 mg). Attention : la combinaison d’une dose normale de paracétamol et d’alcool peut toutefois être dangereuse chez les personnes atteintes d’une maladie du foie et chez les alcooliques, même si la consommation est limitée.

Somnolence avec les antidépresseurs

Certains antidépresseurs engendrent de la somnolence, un effet secondaire parfois renforcé par l’alcool. Les antidépresseurs tricycliques surtout sont pointés du doigt : amitriptyline (Redomex), imipramine (Tofranil), clomipramine (Anafranil) , nortriptyline (Nortrilen). Dans le cas d’un antidépresseur plus ancien (inhibiteurs de MAO), la substance active fénelzine (Nardelzine) combinée à de l’alcool entraîne une hausse dangereuse de la tension artérielle. L’alcool en soi n’est pas en cause, mais bien la tyramine, une substance présente dans la bière par ex. ou encore dans certains fromages. Préférez alors le vin, qui ne contient pas de tyramine – ou très peu.

Des réactions avec certains médicaments contre les infections

Contrairement à une croyance très répandue, rien ne s’oppose à ce que vous buviez un verre de vin ou de bière lorsque vous prenez des antibiotiques. Il n’annule, ni influence l’effet de la plupart des antibiotiques. Combiné à des dérivés d’imidazole, des médicaments qui combattent les infections à champignons et parasitaires (ex. : Flagyl, Tiberal, Fasigyn), l’alcool peut en revanche déclencher des effets désagréables : nausées, rougeurs, sensation de chaleur, palpitations, picotements... Des doses d’alcool assez élevées affaiblissent également l’effet de l’isoniazide (Nicotibine) et de la rifampicine (Rifadine), deux médicaments prescrits contre la tuberculose. L’alcool peut en outre rendre ces substances actives toxiques pour le foie.

Antihistaminiques : effets secondaires renforcés

Les antihistaminiques combattent les symptômes d’allergie. Certains, surtout les plus anciens, engendrent de la somnolence : la diphenhydramine (Nustasium, R calm), l’alimémazine (Theralene). L’alcool peut accentuer cet effet. Les antihistaminiques plus récents, comme la loratadine (marque déposée Claritine), la fexofénadine (Telfast) ou la cétirizine (Zyrtec), provoquent moins d’effets secondaires.

Antitussifs : effets secondaires renforcés

Nombre de médicaments contre la toux sèche contiennent des substances qui inhibent le réflexe de la toux (ex. : codéine, dextrométorphane). Elles peuvent elles aussi engendrer de la somnolence, dans une mesure moindre. L’alcool renforce parfois cet effet, ce qui ne pose sans doute pas de problème si vous ne devez pas prendre le volant.