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Dossier

Alcoolisme: Symptômes sevrage et risques

03 février 2020
alcool-et-sante

A partir de quand est-on alcoolique? Quels sont les symptômes de sevrage ? A quel point sont-ils dangereux? Comment faire pour arrêter? Nous répondons ici à vos questions.

Symptômes sevrage et risques

Vous vous demandez si votre consommation d’alcool est raisonnable ou si vous avez un problème de dépendance? Vous vous sentez impuissant face à la rechute d’une connaissance et vous voudriez trouver des solutions pour l’aider? Nous vous expliquons en détails ci-dessous ce qu’est l’alcoolisme, ses risques et les symptômes de sevrage. Vous trouverez également des pistes pour vous libérer de l’emprise de l’alcool.

Plaisir quand il prend la forme d'un verre entre amis ou d'un bon vin à table, l'alcool peut aussi se révéler source de tous les maux de santé (et sociaux) lorsqu'il est consommé en excès. Reconnaître le problème est déjà un premier pas vers la solution.

A partir de quand est-on considéré comme alcoolique ?

Ce que l'on appelle l'alcoolisme social (2 à 3 verres par jour, et pas tous les jours) n'entraîne pas de problèmes de santé ou psychologiques. Les problèmes commencent en général à partir de 6 à 8 verres par jour, c'est-à-dire lorsque celui ou celle qui boit prend conscience des effets agréables de l'alcool qui l'aide à se sentir bien, à maîtriser des situations de stress, à prendre de l'assurance. Bref, lorsqu'il existe un état de dépendance vis-à-vis de la boisson, comme vis-à-vis de n'importe quelle autre drogue.

L'alcoolisme est une addiction

  • Dépendance physique : l'arrêt ou la diminution brutale de la consommation chez un alcoolique chronique peut donner lieu à des symptômes de sevrage qui apparaissent quelques heures après la dernière consommation: insomnie, irritabilité, maux de tête, nausée, hypertension, tremblements, augmentation du rythme cardiaque, un peu de fièvre, excès de transpiration, de photophobie (crainte de la lumière). Ces symptômes, qui, en soi, ne sont pas dangereux, atteignent leur stade le plus élevé 24h après la dernière prise d’alcool et disparaissent normalement au bout de dix jours. Cependant, il arrive parfois que des symptômes de sevrage plus graves fassent leur apparition, comme par exemple, des crises d’épilepsie ou encore un delirium tremens, trouble neurologique sévère propre au sevrage d’alcool. Ces symptômes sont imprévisibles et mortels! Il est dès lors recommandé d’en parler à un médecin qui pourra éventuellement prescrire une médication de soutien. Celle-ci permettra d’atténuer les symptômes de sevrage et de diminuer les risques.
  • Dépendance psychologique : en temps normal, le cerveau libère des substances qui aident à se sentir bien. Lorsque l'on boit régulièrement de l'alcool, l’effet de celui-ci se substitue à l’effet de ces substances, qui sont dès lors produites en moins grande quantité par le cerveau. Le fait d'arrêter l'alcool produit donc un mal être, qui incite la personne à consommer à nouveau de l'alcool ou d'autres substances aux effets similaires. Attention: dépendance physique et dépendance morale ne vont pas de pair! Il faut être conscient que des symptômes comme la dépression, l’insomnie et l’apathie peuvent durer bien plus longtemps que les symptômes physiques (jusqu’à plusieurs semaines après la dernière consommation d’alcool.)

Les risques pour la santé

  • Une grande consommation d'alcool augmente le risque de mortalité, principalement par suicide, accident, cirrhose du foie, attaque et cancer. 
  • Ce qui compte, c'est la consommation moyenne. Le fait de dépasser de temps en temps la limite quotidienne (le week-end, à une fête, etc.) n'a pas vraiment d'incidence à long terme sur votre santé, pourvu que la moyenne reste raisonnable. Sur le plan de la sécurité routière, en revanche, ces excès d'un soir peuvent évidemment se révéler autrement plus dramatiques. 
  • On peut, sans vraiment exagérer, affirmer que l'abus d'alcool est susceptible d'affecter n'importe quel organe du corps humain et n'importe quel aspect de la vie d'une personne, jusqu'à une issue fatale dans certains cas : hépatite alcoolique, cirrhose du foie, inflammation du pancréas, cancer de la bouche et de l'œsophage, déficience cardiaque, accident cérébrovasculaire (ACV), varices dans l'œsophage, ulcère, gastrite, pathologies neurologiques et psychiatriques (comme par exemple, l’encéphalopathie alcoolique ou la polynévrite alcoolique), neuropathie périphérique (jusqu’à la paralysie), problèmes sexuels, etc. La liste n'est pas exhaustive. Les risques pour la femme enceinte ne sont pas non plus à prendre à la légère: si une femme boit de l’alcool pendant sa grossesse, elle expose son bébé au syndrome de l’alcoolisation fœtale (SAF), dont les principales conséquences possibles sont: retard de croissance, malformations physiques, anomalies du système nerveux central et retard mental.

Apprendre à dire non

La première démarche consiste souvent à reconnaître (et admettre) l'existence du problème, ce qui n'est pas nécessairement évident. A cet effet, les associations d'aides aux alcooliques (comme par exemple, les Alcooliques Anonymes) disposent de divers types de questionnaires.

  • Se débarrasser seul d'un problème d'alcoolisme est extrêmement difficile. La plupart des gens qui tentent cette expérience en solitaire lâchent souvent prise rapidement, notamment par crainte des effets du sevrage. Le médecin peut évidemment jouer un rôle essentiel. Par la connaissance qu'il a du passé et du contexte de vie de son patient, il est parfois bien placé pour diagnostiquer le problème et aider le patient. La solution proposée dépendra de la gravité du problème (alcoolisme profond ou non), du contexte familial et de l'attitude du patient. 
  • Si la décision d'arrêter vient du patient lui-même, la solution peut passer par une aide psychologique et un traitement médicamenteux essentiellement destiné à contrer les effets secondaires du sevrage. L'aide psychologique pourra également provenir d'une association d'entraide et des témoignages de ses membres. Si l'arrêt est imposé par des raisons de santé (par exemple pour soigner une maladie liée ou non à l'alcool), on pourra également envisager un traitement en institution spécialisée ou en hôpital.

Symptômes de sevrage

Lorsqu’on arrête de boire après une consommation excessive d’alcool, de nombreux symptômes de sevrage peuvent apparaître. En fonction des cas, ceux-ci peuvent varier de manière importante, allant du syndrome de la « gueule de bois », en passant par un état de manque ou de confusion passagère. Dans les cas les plus graves, on voit aussi des hallucinations, des crises d’épilepsie, des délires alcooliques, voire un délirium tremens qui peut être mortel. Bien que celui-ci soit assez rare, il ne faut pas perdre de vue que le chemin vers l'abstinence ou un retour à une consommation raisonnée est long, difficile et demande beaucoup de courage de la part du patient et de son entourage. Mais il ne s'agit certainement pas d'une mission impossible.