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Centres de bronzage: 89% outrepassent les règles

25 janvier 2019

25 janvier 2019

L'an dernier, des infractions ont été constatées dans 89% des centres de bronzage contrôlés par le SPF Economie. Soit 18% de plus qu'en 2017! Ces centres jouent avec votre santé. C'est inacceptable. Bien que les règles aient été durcies en ce début d'année, des mesures supplémentaires sont, selon nous, encore nécessaires.

A plusieurs reprises par le passé, nous avons constaté que les centres de bronzage transigeaient avec les prescriptions légales. Chaque fois, notre organisation a averti les ministres concernés et réclamé des mesures et des contrôles plus rigoureux. Et nous avons encore des doutes quant aux dernières mesures entrées en vigueur.

La santé en danger

La visite dans un centre de bronzage n'est pourtant pas sans danger. Les rayons UV émis par les bancs solaires sont nettement plus puissants que ceux du soleil belge. Et les constats sans appel. Une enquête du British Medical Journal concluait que le risque de mélanome augmente de 20 % chez les personnes qui ont fait du banc solaire au moins une fois dans leur vie. Et que ce risque doublait même si elles le faisaient avant l'âge de 35 ans. 

L’usage sans risque du banc solaire n’existe donc pas, même lorsque les centres de bronzage respectent les règles imposées par le législateur. Elles peuvent seulement limiter les risques. Mais même cette mission, les centres ne la prennent pas au sérieux. Le client devrait par exemple recevoir des lunettes de protection, un schéma d'exposition explicite devrait être disponible, et des instructions claires (pas de maquillage ni de crème solaire…) figurer dans la cabine.

Un besoin de règles plus strictes

Fin 2017, de nouvelles règles concernant les centres de bronzage étaient entrées en vigueur. Les centres de bronzage ne peuvent plus mentionner des effets bénéfiques du banc solaire dans leur communication. En outre, toute communication doit intégrer l'avertissement suivant: "L'usage de bancs solaires peut provoquer le cancer de la peau". Deux mesures que nous avions sollicitées depuis longtemps auprès du ministre des Consommateurs Kris Peeters.

En ce début d'année, une nouvelle mesure est d'application. Nous avons déjà exprimé nos réserves à ce propos. Celui qui veut faire du banc solaire doit préalablement demander une autorisation à son médecin. Les personnes à la peau très sensible ne reçoivent pas cette autorisation. "Avec cette nouvelle mesure, on risque de délivrer un message incohérent à ceux auxquels on permet l'accès aux centres de bronzage", explique une de nos spécialistes santé. "Cela donne l'impression qu'ils ne courent pas de risque en matière de santé. Les risques varient sans doute d'un individu à l'autre mais ils valent pour tout le monde. En outre, cela induit une charge de travail supplémentaire pour les généralistes et davantage de coûts pour la sécurité sociale."

La nouvelle loi prévoit une alternative: les clients peuvent faire tester la sensibilité de leur peau via un appareillage spécial disponible dans le centre de bronzage. Mais quelle est la fiabilité de ces appareils? Et quels sont les risques de mauvaise manipulation?

Selon nous, des mesures complémentaires sont encore nécessaires pour que vous, consommateur, soyez mieux informé et que la loi soit mieux appliquée :

  • L’ensemble des centres de bronzage devrait régulièrement être inspecté par les pouvoirs publics. De sévères sanctions doivent être instaurées lorsqu’ils ne satisfont pas à la législation. Les résultats des inspections doivent être rendus publics afin que le consommateur sache si un centre de bronzage respecte ou non la loi.
  • Les centres de bronzage automatiques doivent être interdits. L’accompagnement et la surveillance y sont encore moins garantis.
  • La qualité de la formation des conseillers solaires doit être améliorée pour leur permettre de mieux assumer leur tâche.
  • La vente d’appareils à forte émission de rayonnements doit être interdite.