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Dépistage cardiaque des jeunes sportifs : notre scepticisme est renforcé

26 avril 2016
Dépistage cardiaque chez les jeunes sportifs

26 avril 2016

Le dépistage cardiaque systématique des jeunes sportifs nous semble inopportun. Nous le répétons depuis 2012. Le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) a également remis un rapport négatif à ce propos en 2015, avis qui est désormais repris par le renommé British Medical Journal.

Régulièrement, le décès par arrêt cardiaque d'un jeune sportif suscite l'émotion. Un événement dramatique, mais extrêmement rare. L'immense majorité des jeunes sportifs ne retirerait aucun bénéfice d'un dépistage cardiaque généralisé.

 

Le KCE et le BMJ d’accord avec nous

L'examen médico-sportif classique ne convient pas pour déterminer si un jeune sportif court un risque accru de mort soudaine par arrêt cardiaque. C'est pourquoi d'aucuns plaident pour le compléter par un électrocardiogramme (ECG).
Mais selon le dernier rapport du Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE), il n'y a pas de preuves convaincantes qu'un ECG déboucherait sur des résultats plus satisfaisants, alors qu'il exposerait d'innombrables jeunes aux conséquences négatives d'un tel dépistage.

L'analyse du KCE confirme également l’extrême rareté des morts soudaines chez les jeunes. Son étude, publiée il y a un an, est désormais reprise par la célèbre revue scientifique BMJ (British Medical Journal).

 

Dépistage : croyance versus données probantes

L'élément clé du dépistage proposé est l'ECG de repos : un examen utile pour les personnes souffrantes, mais pas nécessairement pour celles a priori en bonne santé qui ne présentent pas de symptômes.
A la croyance aveugle aux vertus d’examens médicaux "preventifs" s’opposent en revanche d'incontestables risques et inconvénients :

  • Nombre énorme de jeunes (possiblement 1sur 10) inquiétés comme ayant peut-être un problème cardiaque.
  • Diagnostic d'anomalies cardiaques réelles mais qui n'auraient jamais entraîné de problèmes.
  • Instauration pour certains de traitement inutiles et parfois même néfastes.
  • Interdiction infondée de faire du sport pour de nombreux jeunes.

 

Protéger le public

En 2012, divers clubs et fédérations de sport souhaitaient imposer à  leurs jeunes affiliés un ECG, dès l'âge de 14 ou même de12 ans. Déjà à l'époque, nous avions émis de nombreuses réserves.
En 2013, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) constatait, comme nous, l'absence de preuves convaincantes démontrant l'utilité d'un dépistage systématique. Mais le CSS estimait qu'il existait malgré tout "une base sociétale (impact émotionnel) et/ou professionnelle" pour le faire. Un raisonnement spécieux, selon nous, puisqu’il s’agit de démontrer d’abord que le dépistage ferait plus de bien que de tort !

Nous espérons que le rapport du KCE convaincra les autorités de santé qu'il faut se méfier de dépistages sans doute bien intentionnées, mais dont les avantages se révèlent incertains et les risques et inconvénients bien réels.


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