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Communiqué

Test Achats dénonce des gels hydroalcooliques non-conformes

28 novembre 2020

Tout le monde le sait désormais, une bonne hygiène des mains est cruciale pour prévenir une contamination au coronavirus. Au cas où l’option eau et savon n’est pas disponible, un gel désinfectant peut apporter la solution. Les gels hydroalcooliques sont par conséquent devenus des incontournables de notre quotidien. Ils se vendent comme des petits pains au supermarché, en (para)pharmacie, à la librairie... Test Achats en a analysés 19 en laboratoire pour savoir s’ils répondaient aux exigences légales applicables et s’ils apportaient une protection suffisante contre le coronavirus. Il en ressort que tous les gels contiennent suffisamment d’alcool mais que seuls 2 produits affichent un étiquetage conforme à la législation sur les biocides. Test Achats demande au gouvernement de rendre la législation sur les gels hydroalcooliques plus stricte et d’en plafonner le prix.


Tous les gels testés contiennent au moins 60 % d’alcool

Pour être efficaces, le pourcentage d’alcool contenu dans les gels hydroalcooliques doit être au minimum de 60 %. Test Achats a analysé en laboratoire 19 gels hydroalcooliques vendus aussi bien en pharmacie qu’en grande surface. Il en ressort que 11 des 19 gels testés ont une teneur d’alcoolde 70 %ou plus ; 3 gelsprésentent quant à eux une teneur située entre 65 et 69,9 et les 5 derniers entre 60 et 64,9 %. Tous respectent donc la teneur minimum.

 

Seuls 2 gels sur 19 ont un étiquetage conforme à la loi

L’organisation de consommateurs a également analysé les informations se trouvant sur l’emballage des gels. Le pourcentage d’alcool ne figure pas sur l’emballage de 3 gels  et l’emballage d’un 4ème gel indique une teneur incompréhensible pour le consommateur. Pour l’organisation de consommateurs, outre le fait que cette information soitlégalement obligatoire, elle constitue un minimum incontournable puisque ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de s’assurer de l’efficacité de la protection contre le virus, combiné à un temps de friction suffisant (entre 30 à 60 secondes)

 

Hormis ces manquements, pas moyen d’obtenir la date d’échéance sur l’emballage d’un gel, de trouver un numéro de notification et/ou un numéro de téléphone du centre anti-poison sur les emballages de 11 gels différents et enfin, impossible de prendre connaissance des éventuels effets secondaires sur les emballages de 5 gels. Autant de mentions pourtant obligatoires en vertu de la législation sur les biocides aussi applicable aux gels hydroalcooliques.

 

L’organisation de consommateurs a immédiatement pris contact avec le SPF Santé publique pour signaler ces manquements au niveau de l’étiquetage. « Ces contraventions à la législation sont prises très au sérieux par notre service biocides chargé du contrôle et de la conformité des gels hydroalcooliques mis sur le marché belge. Les suites utiles (qu’il s’agisse de PV d’avertissement ou même de mesures de retraits du marché) seront données dans les plus brefs délais sur base des informations fournies par Test Achats » déclare le SPF Santé publique.   

 

Par ailleurs, 11 gels ne présentent aucune liste d’ingrédients. Bien que ce ne soit pas obligatoire, c’est la seule façon de déterminer si le produit contient ou non des substances nocives ou susceptibles d’entraîner des réactions allergiques. Trois produits du test contiennentdes substances qui peuvent causer des réaction allergiques, dont deux BMHCA (butylphenyl methylpropional) - substance pouvant provoquer une hypersensibilité et considérée comme dangereuse en Europe. Test Achats demande donc au Ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke de rendre la législation plus stricte en ce qui concerne l’étiquetage des gels hydroalcooliques.

 

Prix toujours trop élevé

En novembre, le prix moyen global du marché n'a diminué que de 3 % par rapport à juin, passant de 40,85 € à 39,55 € par litre. Il reste toujours plus élevé qu’avant la crise. Par ailleurs, la Belgique reste bien plus chère que ses voisins. Les même bouteilles sont vendues à un prix moyen par litre de 26,06 € en France et 20,78 € aux Pays-Bas. Enfin, une fois encore, l’organisation de consommateurs ne voit aucun lien entre le prix et la qualité. A titre d’exemple, le produit le plus cher (100 euros par litre) n’obtient clairement pas le meilleur score qualitatif. Depuis le 5 mars dernier, nos voisins français ont mis en place un « prix maximum autorisé » pour les gels hydroalcooliques. Test Achats réitère sa demande auprès des autorités belges pourmettre en place une mesure similaire de plafonnement afin de protéger la population d'éventuels abus.Test Achats avait déjà formulé cette demande en avril dernier à l’attention du précédent gouvernement, le problème semble subsister.  Pour les résultats détaillés d’analyses en labo des gels hydroalcooliques et les avis de notre panel de testeurs : rendez-vous surwww.testachats.be/comparergelhydroalcoolique

 

 

Test Achats développe une expertise en matière de santé et d’alimentation, au travers d’une équipe de médecins, de pharmaciens et de spécialistes, regroupée sous la marque “Test Santé” Des informations spécifiques à ce champ d’action sont disponibles sur www.test-achats/sante

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