Est-il vrai que l’on consomme trop de somnifères chez nous ?

La consommation de somnifères et de sédatifs dans notre pays reste inquiétante, en particulier chez les personnes âgées. Et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation depuis des années.

19 mars 2021
Somnifères et compléments alimentaires
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Ainsi, selon l’Association pharmaceutique belge (APB), en 2016, plus d’1,2 million de DDD (doses quotidiennes définies) de somnifères et sédatifs étaient délivrées chaque jour dans nos pharmacies. En Belgique, une personne sur dix prendrait des benzodiazépines à long terme, ce qui nous place dans le top européen. On estime par ailleurs que la moitié de ces personnes sont involontairement dépendantes.

Parmi ces usagers de longue durée, le groupe le plus important est constitué de personnes âgées vivant à domicile (principalement des femmes), qui prennent des benzodiazépines pour avoir une bonne nuit de sommeil, ainsi que par les résidents de maisons de repos et les patients psychiatriques.

Parmi les consommateurs de « benzos », certains augmentent les doses de leur propre initiative, pratiquant le shopping médical pour obtenir des ordonnances. Enfin, un troisième groupe, en pleine expansion, est constitué d’usagers qui ont recours aux benzodiazépines comme drogue. On estime cette population à 3-4 pour mille en Occident. Ce sont souvent des polyconsommateurs, qui prennent des doses élevées.

De meilleures alternatives

Nos propres recherches, il y a quelques années, avaient montré que les médecins sont en partie responsables de la consommation excessive de somnifères. Après une première consultation pour des troubles de sommeil, près de 7 patients sur 10 quittent le cabinet avec une prescription de médicaments. Bien souvent, ces traitements sont utilisés seuls, régulièrement et à long terme contre l'anxiété, le stress ou des soucis de sommeil, alors qu’il existe de meilleures alternatives. Tenir un journal quotidien de son sommeil, chercher l’origine des troubles, mieux informer et éduquer les patients sur une bonne hygiène du sommeil font désormais partie des recommandations scientifiques. Cela suffit parfois à rassurer certains patients et à les aider à faire face à leurs symptômes.

En deuxième approche, on recommande des thérapies de type comportementales, pour apprendre à mettre son corps en mode « sommeil ». Cela passe, par exemple, par des exercices de relaxation et de respiration, et une bonne hygiène du sommeil (se coucher à heures régulières, éviter le sport intensif le soir et/ou les écrans avant de dormir).

Enfin, dans les formes plus graves d'insomnie chronique, une approche spécialisée est recommandée (kiné, psychologue).