Trump veut contrôler la Fed : quels risques pour les investisseurs ?
Donald Trump et Jerome Powell s’affrontent sur la politique monétaire.
Donald Trump et Jerome Powell s’affrontent sur la politique monétaire.
L’antagonisme entre Donald Trump et Jerome Powell s’est encore renforcé avec l’enquête pénale lancée contre le président de la Fed. Trump est prêt à tout pour contrôler la banque centrale américaine. Heureusement, de solides garde-fous existent, ce qui rassure les investisseurs.
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La nomination en 2017 de Jerome Powell à la tête de la Fed est, selon Trump, la pire décision de son premier mandat. Il accuse Powell de baisser beaucoup trop peu, et trop lentement, le taux directeur. Jusqu’à récemment, l’animosité de Trump envers Powell se limitait à des insultes et menaces de limogeage sans suite.
Mais avec l’enquête du ministère de la Justice, la guerre Trump-Powell a changé de dimension. L’administration Trump s’intéresse aux déclarations de Powell devant le Congrès sur la rénovation du siège de la Fed, questionnant sa sincérité sur certains aspects. Chacun comprend que l’enquête visant Powell est orchestrée depuis la Maison Blanche : objectif, le pousser à quitter son poste. Mais Powell se défend désormais activement, revendiquant l’indépendance de l’institution monétaire et dénonçant publiquement les pressions politiques.
Ce n’est pas la première fois que Trump attaque en justice un membre de la Fed. En août dernier, il avait tenté de limoger Lisa Cook, membre du Conseil, ce qui a été suspendu en attendant une décision de la Cour suprême. Ces manœuvres cherchent à placer des personnes favorables à une politique monétaire ultra-accommodante. Avec déjà trois des sept membres favorables à Trump, il ne manque qu’un siège pour obtenir la majorité au Conseil.
Une Fed alignée sur Trump pourrait créer une forte volatilité, peser sur le dollar et bouleverser les marchés mondiaux. Pourtant, ces attaques n’ont pas ébranlé les marchés financiers : les investisseurs estiment le scénario peu crédible, même si le malaise est palpable, y compris au sein du camp présidentiel. Toute nomination reste soumise à l’approbation du Congrès – la vigilance demeure.
La résilience des actifs américains reste un atout : un choc aux États-Unis toucherait tous les marchés mondiaux. Pour un investisseur équilibré, nous recommandons 15% d’actions américaines et 45% d’obligations en dollar.
La fin de l’indépendance de la Fed est peu probable, mais le climat d’incertitude incite certains à privilégier l’or et l’argent, deux actifs-phares qui ont atteint de nouveaux sommets face aux tensions géopolitiques et monétaires. Un maximum de 5% du portefeuille pour chacun reste conseillé, afin de sécuriser ses placements face à l’imprévisible.