Analyse
Obligations à échéance : comment bien réinvestir ? il y a un an - jeudi 28 janvier 2016

Avec l’extrême faiblesse des taux sur les obligations en euro, l’épargnant n’a pas l’embarras du choix lorsque ses produits à taux fixe arrivent à échéance et qu’il veut réinvestir.

Pour par exemple une obligation en euro offrant 3,5 % net et arrivant à échéance fin janvier, comment réinvestir l’argent libéré dans un produit à taux fixe en euro, d’un émetteur pas trop éloigné et le moins risqué possible ?
Voici les possibilités potentielles, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

 

Obligations en euro ?

Vu le faible nombre de nouvelles émissions, vous devrez probablement vous tourner vers le marché secondaire. Mais pour le moment, nous ne conseillons aucune obligation sur ce marché. Car avec la baisse persistante des taux, les cours y ont fortement augmenté (comme ces obligations offrent des coupons plus élevés que les nouvelles, les investisseurs paient plus pour les acquérir), ce qui fait baisser leur rendement (vous payez un peu plus que ce que vous récupérerez à l’échéance).
Quoi qu’il en soit, le rendement net sur 5 à 7 ans d’une émission en euro est compris entre 1 et 1,5 %. Pas vraiment intéressant donc.

 

Émissions belges récentes ?

Plusieurs sociétés belges ont émis des obligations en 2014 et 2015 : Deceuninck, Tessenderlo, Studio 100, Vandemoortele, WDP, Lorraine Bakery. Des entreprises qui n’ont pas de rating et sont donc plus risquées en termes de solvabilité. Nous avons déconseillé ces obligations dès leur introduction car le rendement ne compensait pas le supplément de risque.
Aujourd’hui, toutes cotent légèrement au-dessus de leur valeur de remboursement (100 %). En d’autres mots, elles ne sont pas devenues meilleur marché. Leur rendement net fluctue entre 1,30 et 2,10 %, ce qui reste insuffisant pour immobiliser votre argent pendant 5 à 7 ans.

 

Bons d’Etat ?

La dernière émission offrait un rendement net de 0,55 % sur 10 ans… Tout à fait insuffisant !

 

Titres spéculatifs ?

Les obligations offrant des rendements élevés mais issues d’émetteurs à la solvabilité précaire (junk bonds ou obligations pourries) sont très risquées. Un exemple : l’obligation de la filiale néerlandaise de Nyrstar. Suite à la baisse des cours des matières premières et à de mauvais choix stratégiques, la société est en difficulté. Aussi, si l’obligation offre à première vue un rendement net de 12 %, il n’est pas certain du tout que Nyrstar parvienne à payer ses intérêts et à rembourser le capital. Nous ne conseillons pas ces obligations à l’épargnant qui cherche un risque limité.

 

Produits structurés ?

Ces produits, avec protection du capital à l’échéance et mettant en avant des rendements alléchants ne sont pas une solution. Car comme la protection du capital à l’échéance doit être assurée, l’émetteur doit investir une grande partie du capital sans risque, donc à un taux très faible. Cela limite les moyens disponibles pour acheter des produits dérivés (options, swaps) et faire grimper le rendement. Pour la quasi-totalité des produits structurés, les chances d’obtenir plus de 2,5 % n’étaient jamais supérieures à 20 ou 30 %. La probabilité d’obtenir 0,5 à 1,5 %, voire de ne récupérer que le capital initial (moins les frais) est bien plus grande.

 

Compte d’épargne, en attendant ?

Faut-il placer provisoirement l’argent libéré sur un compte d’épargne, en attendant une émission intéressante ou une remontée des taux ? Ce sera toujours mieux que d’immobiliser l’argent à un faible taux pendant plusieurs années. Car si les taux remontent entre-temps, vous vous retrouverez bloqué avec votre taux faible. Et si vous décidez de revendre votre obligation, vous ne pourrez le faire qu’au rabais. Bien sûr, n’optez pas pour un compte d’épargne qui n’offre que 0,20 %. Pour obtenir 1 à 1,20 %, utilisez notre calculateur

 

Assurance-épargne ?

Si vous êtes prêt à laisser votre argent investi au moins huit ans, optez pour une bonne assurance-épargne. Vous investirez ainsi dans un produit émis par une compagnie d’assurance, qui possède en portefeuille d’obligations offrant encore des coupons élevés. Vous en profiterez à travers le rendement offert chaque année, même si celui-ci a tendance à diminuer ces derniers temps. On attend pour les prochaines années 2 à 2,50 % net pour les meilleurs produits. Vita Invest.2 de Federale Assurance est en tête de notre classement.

 

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