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Assurances-épargne : tout savoir sur les frais il y a 10 mois - jeudi 20 octobre 2016
Les frais sont le talon d’Achille des assurances-épargne, certains assureurs ou courtiers pouvant se montrer très, voire exagérément, gourmands. Une bonne nouvelle cependant : si vous patientez plusieurs années avant d’effectuer un retrait (au moins huit ans), ces frais auront été largement amortis. Ils le seront d’autant plus si vous suivez nos conseils et optez pour une assurance-épargne comptant des frais raisonnables.

Les frais d’entrée

Ils représentent dans certains cas jusqu’à 6 % des versements. Il est toutefois devenu assez facile de les réduire, parfois jusqu’à 0 %, en s’adressant à des courtiers bon marché. Les abonnés de Test-Achats invest bénéficient d'avantages négociés leur offrant de substantielles réductions sur les assurances-épargnes recommandées à l’achat.
Vous n’échapperez pas, par contre, à la taxe de 2 % due au fisc et qui s’applique à chaque nouveau versement. Certains assureurs la prennent parfois à leur charge, mais c’est temporaire.


Les frais de gestion

Ils sont la plupart du temps déjà déduits lorsque les assureurs communiquent le rendement de leurs placements. Mais ce n’est pas toujours le cas. Attention donc lorsque vous comparez. Les rendements que nous mentionnons tiennent toujours compte des frais de gestion.


Les frais de sortie

Pour décourager les épargnants de retirer trop tôt leur argent, beaucoup d’assureurs prévoient des frais de sortie. Certains ne comptent pas de frais du tout. D’autres en retiennent pendant les premières années du contrat. Il s’agit alors souvent de frais dégressifs : par exemple 3 % si vous retirez votre argent pendant la première année du contrat, 2 % la deuxième année, et ainsi de suite. D’autres encore appliquent la dégressivité, mais en tenant compte de chaque versement. D’autres assureurs enfin appliquent des frais de sortie pendant quasi toute la durée du contrat.

Bon à savoir en cas de besoin urgent d’argent : beaucoup de contrats (mais pas tous !) offrent la possibilité de retirer chaque année, sans frais de sortie, une partie limitée du capital
(10 à 15 %).

 

L'indemnité conjoncturelle

Comme si cela ne suffisait pas, beaucoup d’assureurs prévoient des frais supplémentaires, qu’on appelle dans le jargon «indemnité conjoncturelle», en cas de retrait à un moment défavorable, c'est-à-dire si le taux des obligations d’Etat a fortement grimpé et/ou si les Bourses ont chuté. Mais il n’y a pas de règle uniforme et l’indemnité diffère d’un assureur à l’autre, tant au niveau de la méthode de calcul que de la période prise en compte pour son application. Chez certains assureurs, l’indemnité n’est réclamée que pendant les huit premières années du contrat, chez d’autres, elle se renouvelle de huit ans en huit ans. Elle ne peut cependant jamais être réclamée au terme prévu du contrat. 

Si les assureurs prévoient de telles pénalités, c’est pour décourager les retraits en certaines circonstances. Imaginons que les taux d’intérêt grimpent brutalement. Le portefeuille de placements de l’assureur, composé essentiellement d’obligations, souffrira. De fait, lorsque les taux grimpent, le cours des obligations existantes baisse. Autrement dit, si un épargnant quitte à ce moment-là son assurance-épargne, l’assureur sera obligé, pour le rembourser, de revendre une partie des obligations à un prix défavorable. Le même raisonnement vaut pour les assurances qui replacent une partie de leurs capitaux dans des actions. Les compagnies veulent éviter, en cas de chute des Bourses, de devoir vendre trop d’actions à un cours trop faible, pour satisfaire les demandes de remboursements des épargnants.

Cette indemnité conjoncturelle n’est pas négligeable. Soyez-en conscients. Nous avons enregistré le témoignage d’un épargnant qui avait dû s’acquitter de frais s’élevant à plus de 10 000 EUR sur un montant total investi de 100 000 EUR.

Concrètement, si votre assureur prévoit une indemnité conjoncturelle dans certaines circonstances, demandez-lui avant tout retrait si elle s’applique à ce moment-là et, si oui, à combien elle s’élève. Notez que, souvent (mais pas toujours), l’indemnité est plus faible à l’approche de l'expiration de la garantie du taux (en général tous les 8 ans) qu’en début de contrat.

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