Analyse
Quest for Growth : faut-il miser sur cette pricaf ? il y a 6 ans - mardi 26 juillet 2011

Pénalisé en 2008 par la crise, le cours de Quest for Growth s’est à présent redressé. Sa décote s’est légèrement érodée.

Le cours atteint 5,70 EUR et affiche depuis début 2011 une hausse de 7,3 %, alors que, sur la même période, les Bourses mondiales ont perdu en moyenne 1,6 %. La décote est encore de 38 %. Le titre reste bon marché mais pour ce type d’investissement, nous préférons le holding Brederode (19,11 EUR).

 

Quest for Growth est une pricaf, un investisseur très actif qui ne cherche pas à conserver ses participations à long terme. Son portefeuille se chiffre à ±106 millions d’euros, investis essentiellement en Europe. Il est constitué pour 62 % d’actions cotées (au nombre de 27), pour 30 % de private equity (participations non cotées) et de quelques liquidités (pour 0,42 EUR par action). En tenant compte des liquidités, fin juin, sa valeur intrinsèque atteignait 9,22 EUR.

 

Des actions cotées…

Mises à part quelques participations dans les soins de santé (services à l’industrie pharma, médicaments génériques…), la majorité des participations sont de petites et moyennes entreprises de croissance, de haute technologie et d’ingénierie (logiciels, appareils de mesure, services IT, équipements de pointe…). Les participations cleantech (énergie renouvelable, nouveaux matériaux…) représentent à ±50 % de ces participations cotées.

 

Parmi les 15 plus grosses participations, peu sont bon marché. Seuls le spécialiste de l’audio visuel EVS et le labo pharmaceutique Roche sont dignes d’achat.

 

… et du private equity

La partie du portefeuille investie dans des participations non cotées est consacrée à des acteurs de niche, très innovants, mais à un stade de développement moins avancé.

 

Quest for Growth compte 11 participations directes et minoritaires dans des sociétés biotechnologiques, pharmaceutiques, de logiciels…, disposant d’un produit neuf (prêt à être com-mercialisé ou à un stade plus avancé) et susceptibles d’être introduites en Bourse ou de faire l’objet d’une reprise dans les trois ans après que la pricaf y a investi.

 

Quest for Growth investit en outre dans des fonds de tiers de stratégie similaire, orientés cleantech, technologies de l’information et sciences de la vie (biotechnologie, équipements liés aux soins la santé…). Des investissements indirects qui comptent pour 50 % des participations non cotées et que Quest for Growth cherche à renforcer. Ce recours à des fonds de tiers permet une meilleure diversification, ce qui est un atout certain vu le manque de transparence et la trop faible liquidité du private equity. Il ouvre aussi un accès aisé à des opportunités d’investissement très prisées.

 

Les dividendes se font attendre

Quest for Growth s’est engagé dans ses statuts à distribuer au moins 90 % de ses profits. Mais la pricaf, qui n’a pas encore compensé les pertes subies suite à la crise de 2008 (4,10 EUR par action), n’a rémunéré ses actionnaires que trois fois depuis l’éclatement de la bulle de 2000. Et rien ne garantit que l’exercice 2011 fournisse un dividende (à distribuer en 2012). Car avant toute distribution, la pricaf doit encore apurer une perte reportée de 0,52 EUR par action. Et à l’heure où les introductions en Bourse se font rares (récemment, divers projets ont été annulés ou reportés suite à la crise des dettes souveraines), nous ne prévoyons guère de plus-values susceptibles de constituer un dividende significatif dès cette année.

 

Préférez Brederode

Investir dans Quest for Growth, c’est avant tout miser sur une réduction de sa décote. A 38 %, elle dépasse sa moyenne des 10 dernières années (27 %) et se réduira sans doute dès que le groupe renouera avec les dividendes (sans doute en 2013, sur base du résultat 2012). En outre, le développement du marché du private equity européen devrait être facilité par l’évolution de la régulation en la matière (directives européenne AIFM et UCITS 4 relatives à la gestion d’actifs), qui facilitera le financement du secteur et permettra de tabler sur une meilleure liquidité des participations.

 

Mais ces arguments sont aussi valables pour Brederode. Ce holding belge pratique aussi l’investissement indirect (fonds de tiers pour le private equity) et sa décote est semblable (37 % contre 25 % d’un point vue historique). Le private equity pèse certes plus lourd dans son portefeuille (49 %), mais il est mieux diversifié (10 fois plus de fonds) et donc moins risqué. De plus, son portefeuille de participations cotées (surtout des grosses capitalisations) est plus défensif et sa répartition géographique bien plus large. En outre, le portefeuille de Brederode étant neuf fois plus imposant que celui de Quest for Growth, ses frais de gestion sont de moitié moindre. Enfin, les dividendes perçus sur les participations cotées permettent à Brederode de distribuer un dividende en croissance régulière, avec un rendement de 2,2 % net.

Partagez cet article