Analyse
Delisting : les raisons de quitter la Bourse il y a 6 ans - mercredi 14 septembre 2011

La semaine dernière a été marquée par l’annonce du départ prochain d’une société de la Bourse, en l’occurrence Omega Pharma. Mais quelles raisons peuvent pousser une société à tourner le dos à la Bourse ?

Raisons diverses

La disparition de la Bourse d’Omega Pharma était dans l’air depuis un petit temps déjà et ne fait qu’allonger la liste déjà bien longue des sociétés ayant quitté volontairement la Bourse. Pas plus tard qu’il y a quelques mois par exemple, le holding CNP avait à son tour quitté le marché sur la pointe des pieds.

 

Chaque société a en réalité ses raisons de faire ce pas en arrière et celles-ci peuvent être multiples. Pour CNP, la raison première était la simplification de la structure du holding Frère et un possible retrait du partenaire BNP Paribas. Plutôt des raisons techniques donc.
La suppression d’une double cotation, si la société est déjà cotée sur une autre Bourse, en est une autre.
Une acquisition, amicale ou hostile, est également une raison évidente sur laquelle nous ne nous étendrons pas.
Quant à Marc Coucke, fondateur et président d’Omega Pharma, il a fait savoir que les implications d’une cotation en Bourse, comme la pression du marché et les caprices des cours de l’action, devenaient pour lui des sources de stress grandissantes.

 

Trop exposées

De nombreuses sociétés (et leur direction) sont en effet constamment tiraillées entre la vision du marché à court terme, qui impose de répondre coûte que coûte aux attentes, et l’application de la stratégie à long terme qui peut précisément peser sur les résultats à court terme.
Le fait qu’une entreprise cotée en Bourse doive publier ses résultats tous les trimestres fait parfois peser une lourde pression sur la direction qui peut alors effectuer les mauvais choix. Cela peut par exemple se produire lorsqu’une société se trouve face à de lourds investissements qui ne vont pas d’emblée générer un supplément de rendement, et décide finalement de les réduire.

 

Mais il n’y a pas que ça. Certaines entreprises considèrent ainsi que les rapports détaillés contribuent à une fuite de nombreuses informations au profit de la concurrence. Autrement dit, elles se placeraient en position de faiblesse par rapport aux concurrents non cotés. Une sortie de la Bourse permettrait donc de retrouver un certain anonymat, a fortiori si la société est très bien financée et capitalisée et n’a plus besoin de la Bourse comme source de financement.

 

Fuir l’ennemi

Eviter une acquisition hostile est une autre raison possible. Car en se retirant de la Bourse et en étant alors totalement aux mains d’actionnaires fidèles, la société rend l’acquisition beaucoup plus difficile.
A contrario, une société peut aussi quitter la Bourse pour revenir plus forte par la suite au moment de négocier un prix d’acquisition. Une possibilité que nous avons évoquée dans notre dernier numéro au sujet d’Omega Pharma, l’opération pouvant avoir pour but d’attirer des prédateurs plus généreux et de permettre ainsi à Marc Coucke de passer à la caisse.

 

Trop lourd pour les petits

Certaines sociétés quittent aussi la Bourse parce que les frais élevés que suppose une cotation en Bourse (plusieurs centaines de milliers d’euros par an) sont disproportionnés par rapport aux avantages.
Une cotation en Bourse prend par ailleurs, pour une petite société, beaucoup de temps. La rédaction des rapports annuels, la publication des communiqués de presse et l’organisation des réunions avec les analystes ou des assemblées des actionnaires exigent beaucoup du management qui ne peut alors pas se concentrer pleinement sur l’essentiel : gérer la société.
Les obligations légales, comme des normes comptables plus strictes, peuvent aussi devenir trop lourdes.

 

Conclusion

Quitter la Bourse, pour une société cotée, revient donc à peser le pour et le contre d’une notation. Si les points positifs, comme la notoriété, ne pèsent plus suffisamment face aux inconvénients, un retrait pourra être envisagé.
Mais parfois, comme cela pourrait être le cas pour Omega Pharma, d’autres raisons plus financières peuvent jouer un rôle qui n’apparaîtra réellement à la surface que bien plus tard...

 

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