Analyse
Ordre en bloc : pour ne pas dérégler le marché il y a 5 ans - mercredi 7 mars 2012

Il arrive de voir que le volume journalier des Bourses renseigne un gros paquet d’actions, non mentionnées au carnet d’ordre central et sans que l’investisseur lambda ait vu passé l’ordre. C’est le signe que de gros opérateurs ont passé un ordre en bloc.

Ne pas perturber

Les investisseurs institutionnels (assureurs, banques, capital-risqueurs, fonds de pension…) doivent réaliser en Bourse, pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients, des opérations sur de gros paquets d’actions. Le problème est que, pour un marché étroit ou pour une action dont la liquidité est limitée, ces grosses opérations peuvent perturber le marché. Si par exemple, le carnet d’ordres central d’une action définie ne renferme que quelques ordres de vente, pour un total de 5 000 actions, et qu’un institutionnel souhaite de son côté vendre 100 000 actions, l’institutionnel ne mettra pas directement toutes ses actions en vente. Cela déréglerait le marché et donnerait une sacrée gifle à l’action concernée. L’institutionnel qui veut vendre va alors plutôt s’adresser à son intermédiaire ou à d’autres contacts pour trouver un ou plusieurs acheteurs potentiels, puis optera pour un ordre en bloc, qui n’apparaîtra pas dans le carnet d’ordres central...

Clearing

L’ordre en bloc est exécuté en dehors de la Bourse après que les deux parties ont fixé ensemble le volume et le prix; les deux parties s’échangent ensuite l’argent et les actions. Si la valeur de l’échange est de plus d’1/10 de la valeur moyenne journalière des échanges sur l’action, l’ordre en bloc peut se faire à n’importe quel prix. Si ce n’est pas le cas, le prix ne peut pas trop s’éloigner de ce qui est mentionné au carnet d’ordres central.

Si les deux parties concernées le souhaitent, elles peuvent transmettre l’ordre aux autorités de la Bourse (ce n’est pas une obligation). L’ordre échoue alors dans le système post trading et est alors mentionné dans le volume total du jour. Imaginons par exemple qu’au cours d’une journée de Bourse, 20 000 actions CMB aient été échangées mais que le volume total du jour mentionne 260 000 échanges, cela signifie qu’un institutionnel à réalisé en dehors de la Bourse une transaction portant sur 240 000 titres. L’avantage de mentionner l’ordre en bloc dans le volume du jour est que tout le volet administratif de la transaction est pris en charge (clearing), ce qui offre de meilleures garanties aux deux parties.

Forte croissance

On constate actuellement que de plus en plus de transactions sont effectuées en dehors de la Bourse, sur des plateformes alternatives et ne sont donc plus communiquées à la Bourse. En Belgique, ces transactions en dehors de la Bourse représentent déjà 50 % du total négocié chaque jour. Certes, certaines de ces actions ainsi négociées se retrouvent ensuite rapidement sur la Bourse classique pour un nouvel ordre. Mais le pourcentage négocié hors Bourse est néanmoins élevé.

Pour le petit investisseur, qui n’a accès qu’au marché classique, c’est un inconvénient. La pratique réduit la liquidité de la Bourse classique, rend les négociations plus difficiles, empêche parfois d’acheter au meilleur cours et prive le petit investisseur de la totalité des informations relatives aux transactions sur un titre.

 

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