Analyse
Le secteur télécom en pleine recomposition il y a 4 ans - mercredi 9 octobre 2013

Depuis début 2013, l’indice mondial des valeurs télécoms a progressé de 11,4 %
(en euro, dividendes réinvestis). Les actions européennes ont bondi de 24,6 %.

Si les perspectives à long terme sont peu séduisantes, les rendements sur dividende son attractifs (plus de 4,25 % brut en moyenne), et la volatilité reste peu élevée. Nous sommes positifs à l’égard du secteur et vous conseillons d’y investir une partie de votre portefeuille.

 

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les actions

Vodafone, qui distribuera une part du produit de la cession de sa part dans Verizon Wireless,
AT&T, sanctionné par les marchés quant aux craintes concernant ses ambitions en Europe,
Orange, qui résiste bien à la concurrence et offre un rendement sur dividende attractif,
Telefônica Brasil, qui peut se renforcer par le lancement d’offres combinées.

 

Conservez

Belgacom, Telefónica, BT, KPN, Vivendi, Telecom Italia

 

Vendez

Mobistar, Deutsche Telekom, Telenet

 

Rapprochements

Depuis plusieurs mois, les rapprochements se multiplient au sein du secteur : offre de Vodafone sur Kabel Deutschland , de Telefónica sur E-Plus, OPA d’America Movil sur KPN, renforcement de Telefónica dans Telecom Italia, projet de fusion de Portugal Telecom avec Oi, partage d’une partie des réseaux mobiles de Bouygues et de SFR, offre de Verizon sur les actifs américains de Vodafone….

 

Pas une surprise

Le nombre d’opérateurs est trop élevé en Europe et les rapprochements sont un bon moyen de faire des économies (les opérateurs sont souvent très endettés suite à des investissements mal maîtrisés). La crise économique ayant exacerbé la concurrence, chiffre d’affaires, tarifs, marges et bénéfices sont en baisse. La plupart ont été contraints de réduire le dividende ou de le suspendre. Et les perspectives ne sont pas brillantes : de nouveaux concurrents comme Apple et Google captent une part des dépenses des clients grâce à la généralisation des smarphones et tablettes, ou privent les opérateurs de précieuses ressources (Skype, WhatsApp…). De plus, les autorités européennes ne relâchent pas la pression (dernier épisode : un marché télécom unique européen avec suppression des tarifs de roaming et un même tarif pour les appels par ligne fixe intra-européens et nationaux). Dans ce contexte, des rapprochements permettraient de mutualiser les investissements, de renforcer l’offre commerciale ou de mettre la main sur les plus beaux actifs de groupes en difficulté.

 

Pas terminé

Le nombre d’acteurs en place reste trop élevé. Aux USA, AT&T et Verizon se partagent l’essentiel. C’est un modèle vers lequel les opérateurs européens espèrent tendre. Les tarifs et la consommation de données sont deux fois plus élevés aux USA, ce qui permet aux opérateurs d’obtenir de meilleurs résultats et de disposer des liquidités pour rester à la pointe en termes d’infrastructures et de qualité. Cette situation confortable n’empêche pas les étrangers de lorgner vers l’Europe, ce qui est un important facteur de soutien pour les valeurs européennes, d’autant que la crainte de voir le secteur tomber aux mains d’étrangers semble amener les autorités à desserrer leur étau et à encourager les fusions intra-européennes.

 

Et en Belgique ?

Le secteur télécom belge est aussi confronté à l’ouverture du câble et aux difficultés de déploiement du réseau 4G dans la Région de Bruxelles Capitale. Bien que les cartes pour l’internet et la télévision soient déjà plus ou moins distribuées entre Belgacom, Telenet et Voo, l’ouverture du câble pourrait exacerber la concurrence et provoquer une baisse des tarifs, ce qui pourrait effriter les marges. Les conditions imposées par Bruxelles sur la mobilophonie exigent de nouveaux investissements, tout en réduisant les revenus.

 

Secteur dynamique

Fusions et acquisitions ne sont pas toujours la panacée. Par le passé, nombre d’acquisitions trop onéreuses n’ont pas apporté le regain de croissance espéré. Et les opérations transfrontalières sont en outre par nature complexes. Quoi qu’il en soit, l’accélération des rapprochements redynamise l’ensemble du secteur, toujours bon marché.

 

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