Analyse
Les ordres Stop Loss et Stop Loss Limit il y a 4 ans - jeudi 24 octobre 2013

Face à des actions très volatiles, il n’existe pas de solution miracle pour se protéger, mais certains ordres peuvent limiter les dégâts.

Un investisseur détenant des actions ThromboGenics et craignant que leur cours ne subisse une lourde baisse sans qu’il puisse réagir à temps, passe un ordre de vente stop loss : il demande ainsi à sa banque de vendre dès que le cours descend sous 28 EUR. Cela se produit le lendemain. Mais à sa grande surprise, ses actions sont vendues à 20 EUR. Pourquoi ?

 

Penser aux limites

Le jour de l’ordre, ThromboGenics cotait à 28,04 EUR. Le lendemain, la société a annoncé des chiffres de vente décevants. La réaction des investisseurs a été immédiate : le premier cours s’est établi à 21,22 EUR, soit en baisse de 25 % par rapport à la veille. Vu que le cours était alors effectivement de moins de 28 EUR, l’ordre de vente a été activé. Le problème, c’est que le client n’avait pas indiqué de limite à partir de laquelle il ne fallait plus vendre (25 EUR p.ex.). Dans ce cas, l’ordre de vente aurait été déclenché (le cours de l’action étant passé sous 28 EUR) mais non exécuté (vu l’interdiction de vendre à 25 EUR ou moins). Le client aurait pu conserver ses actions en attendant que le cours remonte (ce qui n’est évidemment pas garanti…). Mais comme il n’y avait pas de limite, l’ordre a été exécuté à ± 20 EUR, le cours étant encore descendu entre-temps.

 

Pas de solution miracle

L’ordre stop loss fonctionne bien lorsque le cours diminue graduellement. Mais lorsqu’une action perd, comme ici, 25 % en une fois, ce type d’ordre peut se retourner contre vous. D’où l’intérêt, pour les actions volatiles, de prévoir un ordre avec limite (stop loss limit), pour éviter de vendre à n’importe quel prix. Au final cependant, le client n’a pas fait une si mauvaise affaire. Il a certes vendu à un prix moins élevé qu’espéré, mais entre-temps, l’action a continué de baisser. S’il l’avait conservée, sa perte aurait été encore plus lourde. Quoi qu’il en soit, le meilleur moyen de limiter des pertes, c’est de limiter le poids des actions spéculatives dans un portefeuille.

 

Douloureux exemple : OTC Trading

Avant la crise financière de 2008, le trader financier OTC Trading dégageait de plantureux bénéfices. Mais au paroxysme de la crise, il s’est écroulé comme un château de cartes et a été contraint de vendre sa plate-forme. Pourtant, sur une bonne partie des positions qu’il occupait, il avait placé des ordres stop loss et se croyait en sécurité. Mais, compte tenu de l’ampleur des chutes, de nombreuses positions n’ont pas été vendues (stop loss avec limite) ou ont été vendues à un cours très affecté (stop loss sans limite). Même les professionnels peuvent donc parfois se laisser piéger par les aléas des marchés…

 

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