Analyse
Le retour des IPO il y a 3 ans - mardi 12 novembre 2013

Faut-il se ruer sur chaque nouvelle venue ?

Non.
Même si la hausse des introductions en Bourse témoigne de l’appétit des investisseurs, la prudence reste de mise.

 

Après deux années de vaches maigres, le marché des introductions en Bourse (IPO, Initial Public Offerings) est définitivement de retour en 2013. De janvier à septembre, 173 sociétés européennes ont fait leur entrée sur le marché, pour un total de 11,7 milliards d’euros de fonds levés. Une somme déjà supérieure aux 11,2 milliards récoltés sur l’ensemble de 2012. Sur le seul troisième trimestre, 52 introductions en Bourse ont permis de lever 3 milliards d’euros, soit huit fois plus qu’au troisième trimestre 2012 ! Et la dynamique devrait perdurer, tant de nombreux projets sont à l’étude ou en cours d’être finalisés.

Si les entreprises retrouvent le chemin de la Bourse, ce n’est pas le fruit du hasard. Rassurés par la reprise générale des marchés et la faible volatilité, beaucoup de patrons jugent l’heure venue d’introduire leur société en Bourse. Les investisseurs ont le moral au beau fixe et n’hésitent plus à miser plus gros sur les IPO. En outre, les faibles taux d’intérêt les incitent à chercher des placements mieux rémunérés. Une stratégie qui semble porter ses fruits puisque la performance moyenne des introductions réalisées en 2013 lors du premier jour de cotation n’aurait jamais été aussi élevée en Europe depuis 2009.

Néanmoins, les hausses, de parfois 100 %, enregistrées le premier jour de cotation ne sont pas sans rappeler la folie des investisseurs à l’égard des sociétés internet à la fin des années 90. A cet égard, le battage médiatique autour de l’introduction de Twitter est de mauvais augure. Mieux vaut rester à l’écart, surtout lorsque la société doit encore dégager son tout premier bénéfice !

Ensuite, un grand nombre de ces introductions en Bourse est le fruit d’opérations de «cession». Sur les 11,7 milliards levés en Europe depuis le début de l’année, la moitié environ provient de transactions initiées par des fonds de capital-investissement, qui voient dans la remontée boursière l’occasion de solder leur participation à bon compte. Avant de souscrire à une opération, vérifiez donc l’origine des actions offertes : s’agit-il d’une nouvelle émission ou bien appartiennent-elles déjà à un actionnaire ? Dans le second cas, méfiance !


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