Analyse
Bourse de Bruxelles : chère, mais pas sans opportunités ! il y a 3 ans - mardi 31 décembre 2013

Le rendement de la Bourse de Bruxelles a été de 20,7 % en 2012 et de 25,8 % en 2013. De quoi effacer les pertes de la crise de 2008.

De quoi conclure aussi que la Bourse est chère (comme bien d’autres Bourses européennes), d’autant plus comparée à celle d’autres places d’envergure (Royaume-Uni, USA, Chine…). Mais elle recèle encore des opportunités. Sur les 148 actions cotées, nous en conseillons 13 (classées en quatre groupes) ainsi que 3 sicafi.

 

(Variations de cours du 31/12/2012 au 27/12/2013)

 

Si vous visez un beau dividende

Gimv (+4,4 %) : holding peu risqué, portefeuille diversifié, rendement sur dividende tenable de près de 5 % net.
bpost (+2,5 % depuis l’IPO) : la visibilité sur les revenus des prochaines années permet de viser un dividende en hausse (son rendement dépasse déjà 5 % net).
GDF Suez (+19,3 %) : dans son secteur, le groupe est celui qui est le plus à même de rebondir (il cède des actifs, investit dans les pays émergents). Même en tablant sur un recul de 50 % du dividende relatif à l’exercice 2014, le rendement atteindrait encore 5,9 % brut (3,7 % net après récupération partielle du précompte français).
Delta Lloyd (+56,4 %) est en bonne voie pour répondre aux exigences de solvabilité mais veut tout de même encore renforcer son bilan en arrêtant pour un temps de faire grimper son dividende (de 3 % par an). Le rendement sur dividende actuel atteint déjà 5,9 % brut. Optez pour le dividende en actions (pour éviter le précompte hollandais).

Actions cycliques

Atenor (+12,7 %) : les projets immobiliers arrivent peu à peu à maturité. 7 sur 12 contribueront au bénéfice dès 2014. Un cycle de plusieurs années de beaux bénéfices s’amorce. Le dividende va se stabiliser.
Nyrstar (-47,1 %) : la faiblesse des prix du zinc remet en cause le business model et les problèmes du partenaire Talvivaara enfoncent le clou. 2014 sera en perte. Mais ensuite, l’équilibre entre offre et demande de zinc devrait être plus favorable (des fermetures de mines sont prévues). Très spéculatif !

Acteurs de niches

EVS (+12,3 %) a souffert de déclarations moins optimistes de sa direction relatives à la croissance de son secteur d’ici 2016 et de sa décision d’investir encore massivement (ce qui pèsera sur les marges). Profitez-en. Le groupe trouvera de la croissance, grâce à sa capacité à gagner des parts de marché.
Melexis (+84,5 %) et Sioen (+32,7 %) offrent tout comme EVS des produits à haute valeur et de belles marges, sur des marchés en croissance structurelle.
Exmar (+62,5 %), dopé en 2013 par des tarifs de transport bien orientés et par ses initiatives pour valoriser au mieux ses actifs, garde du potentiel. Nous estimons sa valeur à minimum 12 EUR. Après une année 2013 exceptionnelle, son dividende va diminuer mais offrira toujours un rendement de plus de 3 % net.

Turnaround

(sociétés qui sortent ou sont en passe de sortir de leurs difficultés).
Agfa-Gevaert (+24,8 %) souffre toujours du recul de ses ventes mais commence à profiter de la baisse des prix de l’argent (une de ses matières premières).
Deceuninck (+44 %) pourrait avoir atteint le point d’inflexion sur divers marchés en difficultés; le cours pourrait en profiter ces prochains mois.
Delhaize (+48,8 %) souffre toujours des incertitudes induites par les mouvements dans son équipe dirigeante, mais ses marges profiteront encore de ses restructurations aux USA.

Immobilier

L’immobilier reste un placement judicieux, à condition de faire preuve de sélectivité. La plupart des sicafi offrent un dividende attrayant (non garanti), mais cotent souvent à un niveau dépassant leur valeur intrinsèque. De plus, en cas de hausse de taux, elles deviennent moins intéressantes et peuvent voir leurs coûts financiers grimper. Les sicafi suivantes offrent actuellement les meilleures perspectives :
Wereldhave Belgium (+2,9 %)
Vastned Retail (+13,7 %)
Ascencio (+10,2 %)

Parmi les actions du Bel 20, nous conseillons de vendre les sept suivantes :

AB InBev (+20,5 %) : la stratégie basée sur les bières premium, pour palier la baisse des volumes, aura ses limites.
Colruyt (+11,4 %) commence à souffrir de la guerre des prix et de la hausse des coûts (énergie, personnel).
D’Ieteren (+20,8 %) : dans ses deux métiers, la pression sur les marges perdure et semble structurelle.
Solvay (+6,6 %) : après l’euphorie due au rachat de Rhodia en 2012, le groupe a réduit ses attentes pour 2016 (conformément à nos prévisions).
Telenet (+33,6 %) : rumeur d’OPA de l’actionnaire majoritaire mais les fonds propres sont négatifs (-12,50 EUR par action) et le groupe pense encore alourdir sa dette.
ThromboGenics (-56,2 %) : la société biotech a sous-estimé les efforts commerciaux à mener; la taille véritable de son marché pose question.
UCB (+27,3 %) : le déclin du Keppra est à peine compensé par les nouveaux médicaments; le cours (élevé) souffrira de la moindre mauvaise surprise.


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