Analyse
Salaire des dirigeants : l’Etat belge donne l’exemple il y a 3 ans - mardi 24 décembre 2013

Nous plaidons toujours pour le renforcement du droit de regard des actionnaires sur la rémunération des dirigeants.

La rémunération des dirigeants d’entreprise continue de susciter des émois. Après le refus des Suisses sur le plafonnement des hauts salaires, le ministre belge des Entreprises publiques a décidé de limiter le salaire des patrons de Belgacom et bpost à 650 000 euros, de limiter leur prime de départ à un an (au lieu de deux) et de ne plus leur octroyer de stock options.

 

L’Etat belge a pris ses responsabilités en tant qu’actionnaire principal et décideur de l’argent du contribuable, et a exercé son pouvoir de fixer la rémunération des dirigeants qu’il emploie. Une décision qui permet une meilleure cohérence entre le salaire du dirigeant et celui de son personnel. Dans le cas de bpost, le plafond de 650 000 euros s’élève à 15 fois le salaire moyen de l’entreprise, soit moins que le seuil de 20 fois que nous considérons comme raisonnable dans le cadre d’une bonne gouvernance.
Certes, la mesure peut menacer de faire fuir des professionnels compétents et expérimentés. Et l’environnement concurrentiel dans lequel opère l’entreprise, ou encore la qualité du travail du dirigeant, peuvent justifier un salaire élevé.
Mais il est faux de croire que le salaire doive atteindre de tels niveaux pour garantir la qualité des dirigeants. De nombreuses études ont démontré qu’il n’y pas de corrélation automatique entre la rémunération du dirigeant et les performances boursières et financières d’une entreprise.
En imposant un plafonnement salarial, l’Etat belge donne un exemple dont bon nombre de sociétés devraient s’inspirer. Car, malgré le renforcement des mécanismes de gouvernance (administrateurs indépendants, comités de rémunération, séparation des fonctions de direction et de surveillance), le fléau des rémunérations excessives persiste.

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