Analyse
Secteur de l’impression en trois dimensions il y a 3 ans - vendredi 6 décembre 2013

Les valeurs du secteur ont connu ces derniers temps des progressions impressionnantes. Ces hausses sont-elles justifiées ? Est-ce le moment d’y investir ?

Non. C’est spéculer sur des hypothèses très optimistes et beaucoup trop risqué.
N’ACHETEZ PAS Stratasys ni 3D Systems.
Pour investir dans la technologie américaine, misez (à plus long terme) sur
Accenture, Intel, Apple, Corning, CSC ou Texas Instruments.

 

Reproduire

L’impression 3D permet de reconstituer un objet en trois dimensions, en résine, à partir de son dessin. Elle est utilisée e.a pour produire des prototypes. Elle permet une meilleure productivité de la recherche (travailler à moindre coût, tout en répondant rapidement à la demande). Elle est utilisée depuis plusieurs années par BMW, General Electric, Boeing… Vu l’importance des marchés pouvant utiliser l’impression 3D (auto, santé, aérospatiale, défense….), le secteur est loin d’être saturé. Et la technologie bénéficie d’un large écho médiatique, soutenu par la perspective de produire des objets à la demande. Elle tend à se développer pour les particuliers.

 

Gagner

Ces cinq dernières années, dans les sociétés du secteur, le bénéfice a crû en moyenne de 20 % par an. Un essor dû à l’essor des débouchés. Mais aussi au fait que les grands acteurs ont racheté de petites sociétés, pour élargir leur part de marché, enrichir leur offre et rester à la pointe (une vague d’acquisitions qui devrait se poursuivre).

 

Rêver

On peut rêver de reproduire facilement toute une série d’objets et de voir ce secteur connaître un formidable essor. Mais nous n’en sommes pas là. L’usage de la technique par les particuliers reste pour l’heure freiné par son coût, la disponibilité des matières premières et la complexité des objets du quotidien.

 

Concurrencer

Le marché est dominé par les américains Stratasys et 3D Systems. Ils sont peu endettés et disposent d’une trésorerie confortable, réinvestie dans l’innovation et les acquisitions. Pour les deux, pour ces cinq prochaines années, les Bourses tablent sur des hausses de bénéfice de plus de 25 % par an. Un dynamisme qui entraînera l’arrivée de concurrents (HP entend investir le marché), ce qui réduira la progression de la rentabilité.

 

Coter, flamber, chuter

L’acteur allemand du secteur, Voxeljet, a voulu profiter de l’engouement pour le secteur et est entré sur la Bourse américaine en octobre 2013, à 13 USD par action. En quelques séances, le cours a atteint 69 USD, mais par la suite il a rechuté, jusqu’à ±42 USD.
Pour le collègue américain Exone, ces dernières semaines, le parcours boursier a été mitigé.

 

Acheter, spéculer ?

Certes Stratasys et 3D Systems ont de bonnes perspectives. Mais depuis 2010, leur cours a gagné respectivement 578 et 1 900 % ! Des niveaux qui ne peuvent se justifier que par l’hypothèse très optimiste d’une hausse du bénéfice de 20 % par an pendant 10 ans ! Ce n’est pas impossible : Google a bien enregistré une hausse annuelle moyenne du bénéfice de 65 % ces 10 dernières années…; mais il a le monopole d’un marché qu’il a quasiment créé et où l’arrivée de concurrents est empêchée par de hautes barrières (marque très connue, technologie très compliquée…).

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