Analyse
KBC, Delta Lloyd et Ageas au top du Bel 20 il y a 3 ans - vendredi 10 janvier 2014

Les actions financières du Bel 20 ont connu une année exceptionnelle. A quoi s’attendre pour 2014 et après ?

Il n’y a plus de menace pressante mais le trio n’est pas hors de danger. Les règles se renforcent, sans être définitives. Cette incertitude perturbe la prévisibilité des résultats. Ces trois actions ne sont pas destinées à ceux qui veulent dormir sur leurs deux oreilles.
Ageas : bonne perspectives de croissance, mais l’héritage de Fortis risque de gâcher la fête. Conservez.
Delta Lloyd : tout juste bon marché, surtout en raison du dividende, qui ne grimpera pas les prochaines années mais offre 3,6 % net ou 4,3 % net pour celui qui opte pour le dividende en actions. Achetez.
KBC : a bien rebondi depuis début 2012 et est à la limite d’être chère; mais vu l’amélioration attendue du résultat et le retour d’un vrai dividende après le remboursement total des aides d’Etat : conservez.

 

Stratégies d’avenir

Ageas
Pour réduire sa dépendance aux revenus d’investissement, le groupe compte ramener d’ici 2015 la répartition de son activité à 60 % d’assurances-vie et 40 % d’assurances-dommages. Il vise un rendement sur fonds propres de 11 %, un rapport (dans la branche dommages) de moins de 100 % entre frais et indemnisations d’une part et primes encaissées d’autre part, et une affectation de 25 % du capital dans les marchés émergents. Il veut investir son cash dans des acquisitions sélectionnées, de préférence liées aux assurances dommages, et renforcer sa position sur les marchés existants (il lorgnerait sur un assureur italien). Si ces reprises échouent, Ageas distribuera plus de cash aux actionnaires (il a déjà démarré des rachats d’actions).

 

Delta Lloyd
Le groupe entend renforcer sa solvabilité (outre le pôle bancaire belge, des activités non stratégiques pourraient être vendues) conforter sa position en assurance-vie (il a déjà repris le belge ZA Assurances, spécialisé dans l’assurance-décès) et prolonger ses économies.

 

KBC
Dans le cadre du renforcement des exigences de capital, KBC veut renforcer ses fonds propres. L’aide restante des autorités flamandes sera remboursée en principe jusqu’en 2020. Il n’est pas à exclure que les activités irlandaises (dont les provisions pour crédits hypothécaires pèsent sur le résultat) soient cédées.

Quid du dividende ?

La plupart des acteurs financiers tentent de renouer avec un dividende, même modeste.
Ageas vise un dividende annuel correspondant à 40 à 50 % du bénéfice net des activités assurances (hors bénéfices ou pertes découlant de Fortis).

 

Delta Lloyd a récemment renoncé à son intention d’augmenter son dividende de 3 % chaque année et table donc pour les prochaines années sur un dividende stable. Lorsque l’objectif de solvabilité sera atteint, la prime de 4 % offerte aux actionnaires qui optent pour le dividende en actions sera peu à peu supprimée.

 

KBC a payé en 2013 un dividende de 0,75 EUR net. En 2014, il n’en paiera pas (pour éviter les paiements des lourds intérêts prévus sur les aides d’Etat restantes). Pour 2015 et au-delà, il aura sans doute remboursé ses aides publiques et paiera à nouveau des dividendes normaux.

 

Cours au moment de l’analyse :
Ageas : 30,60 EUR
Delta Lloyd : 18,07 EUR
KBC : 41,04 EUR

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